‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 120 sur 212 · LES COMMISSAIRES · texte numérisé non relu

LES COMMISSAIRES

Salut.

Eh bien ! avons-nous de bonnes nouvelles : quand est-ce qu'on le raccourcit ?

MANUEL

Nous allons commencer parle dépouiller de ses hochets.

TURLOT

C'est lanterner le peuple que de l'amuser de la sorte ;

et je te déclare que si le bourreau ne guillotine pas

cette sacrée famille, je la guillotinerai, moi; car chaque

Jour c'est une conspiration, et on a voulu aujourd'hui

nous empoisonner tous.

MANUEL

Comment donc I

TURLOT

Oui. Ça fait frissonner : tu verras le rapport.

MANUEL

Soyez tranquilles : je ne vais pas le ménager. Faites -demander son valet.

TURLOT

Ce n'était pas mon sentiment, voyez- vous, citoyen procureur, que de lui enlever ces joujoux-là, et j'aurais voulu qu'on le laisse se chamarrer de décorations jusque surl'échafaud : toutes ces bribes sont bonnes pour amuser les imbéciles et faire rire le citoyen; c'est comme les cocardes qu'on met aux cornes du bœuf gras.

CLÉRY, entrant.

Qu'y a-t-il pour votre service ?

MANUEL

Un ordre de la commune me dépêche au Temple. Ne

voulant point humilier ton ïnaître, je t'ai fait appelem.^ pour te prévenir que la commune vient de décîdei^ qu'à^. l'avenir Louis cesserait de porter les insignes dont il s'esn décoré jusqu'à ce jour. Ainsi le veut et l'exige le nou-

veau régime où nous entrons : des républicains ne pe^ — z j vent admettre ces signes extérieurs de la vanité et d* Tesclavage. — Tu ne réponds pas : ne m'aurais-tu pa compris ?

CLÉRY

Pardon, mais je ne pense pas qu'il m'appartienn -^ d'être près du Roi l'interprète de la commune : je sôraL s= un mauvais messager.

TURLOT

Il a raison : un esclave ne peut-être l'interprète d^ ^ hommes libres.

MANUEL

Si nous y allions nous-mêmes ?

TURLOT

Oui, en corps ; ça aura plus de majesté; et s'il di^* quelque chose, laissez-le-moi.

Appartement du Roi.

L'antichambre est décorée d^un papier peint repl*éâent&bt VïùXétibi: d'une prison. Sur les panneaux est affichée la dëdaràtitiA d^ droits de Thomme, entourée d^une bordure aux trois couleunî. •

Le cabinet où se tient le Roi est décoré dans le même genre.

/ la

plafond est en toile, et Ton y remarque un énorme bonnet de ^

liberté que Ton a suspendu au centre. Une commode, un pe^^ ^

bureau, quatre chaises garnies, un fauteuil, une table, une g^a^ ^^

posée sur la cheminée et un vieux lit de damas vert composée^- -^^

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