DEUXIÈME PARTIE
tout rameublement. — Le Roi est assis et occupé à lire. Près de lui et sur son bureau sont divers livres, tels que les Œuvres de. JBt4ffbn, le Spectacle de la nature de Pluche, V Histoire d'Angleterre de Hume; une Imitation de Jésus- Christ, vu Bréviaire nouvellement relié; le Tasse, et divers volumes du Théâtre- Français.
MANUEL, entrants au Roi, Bonjour, Monsieur; comment vous trouvez-vous? A.vez-vous ce qui vous est nécessaire.
LE ROI, avec calme.
Je me contente de ce que j'ai.
MANUEL
Vous êtes sans doute instruit des victoires de nos armées, de la prise de Spire, de celle de Nice, et de la. conquête de la Savoie ?
J'en ai entendu parler par un de ces Messieurs qui lisait le journal du soir.
MANUEL
Comment! n'avez-vous donc pas les journaux, qui deviennent si intéressants?
LE ROI
Je n'en reçois aucun.
MANUEL, aiujo municîpaïuv.
Citoyens, il faut donner tous les journaux à Monsieur; il est bon qu'il soit instruit de nos succès. ( Au Roi,) '-•«s principes démocratiques se propagent; vous savez ^vie le peuple a aboli la royauté et adopté le gouvernement républicain.
LE ROI
Je l'ai entendu dire, et je fais des vœux pour que les
français y trouvent le bonheur que j'ai toujours voulu
leur procurer.
MANUBL.
Très-bien; mais G>Bt une belle occasion qui s^oftrea^ à TOUS de doTenir citoyen.
LE ROI
J'ai toujours aimé les Français.
MANUEL
Vous savez aussi que l'Assemblée nationale a sup
primé tous les ordres de chevalerie : on aurait d r vous dire d'en quitter les décorations. Rentré dans 1^=5 classe des autres citoyens, il faut que vous soyez trait <
comme eux. Au reste, demandez tout ce qui tous sei ^
nécessaire, on s'empressera de vous le. procurer. LE ROI, r^>renant sa lecture.
Je vous remercie, je n'ai besoin de rien.
Ladéputation se retiKT*^.
MAix^w^ faisani signe à Cléry^ et le prenant à part.
Vous ferez bien d'envoyer à la convention lesdécor^^ttiQns de votre maître. Du reste, je dois vous préTeEi.ix que la captivité de Louis pourra durer long temps, ot que, si votre intention n'était pas de rester ici, votas feriez bien de le dire de suite. On a encore le pro> ^*» pour rendre la surveillance plus facile, de diminuerr 1^ nombre des personnes employées à la tour. Si vo^xs restez auprès du ci-devant Roi, vous serez donc al>^^> lument seul : on vous portera du bois et de Feau potar une semaine ; les autres ouvrages seront votre aSaXx^^f vous nettoierez l'appartement.
CLÉRY
Déterminé à ne jamais abandonner mon maître, J^ îne soumets à tout.
bBtHbÂMÉ PÂÈtik. lH