‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 126 sur 212 · POULTIER · texte numérisé non relu

POULTIER

Je demande qu'il soit donné à Tintrépide Baptiste axr:^ uniforme complet aux dépens de la République.

BARRÉRE.

Ce n'est pas assez d'applaudir au courage du citoy^ ^i^^ Baptiste, il faut donner ici un grand exemple d'égaliti^ ^^ et de justice nationale. Nulle distinction extérieure i^^^ ^ doit contrarier les bases d'une constitution républ z::^^. caine. C'est avec une feuille de chêne que les Romainrr^^ ^ commandèrent de grandes et belles actions. Je deman c=^ ^ que la convention nationale décrète que le citoy^^^ju Baptiste sera armé, monté et équipé aux frais de i^ république française.

TOUTE l'assemblée, se levant simultanément.

Vive la République !, LE PRÉSIDENT, apvès un instant d'intervalle.

Citoyens, nous allons reprendre le cours de eb^^^^s travaux. L'ordre du jour est la discussion sur la gar^^^-® conventionnelle, proposée par Buzot.

MERLIN, s'élançant à la tribune.

Lasource m'a dit hier qu'il existait dans l'assembl ^^^^ un parti dictatorial : je le somme de me l'indiquer, ^^^^ je déclare que je suis prêt à poignarder le premier q"^^*-^^ pourrait s'arroger un pouvoir de dictateur.

LASOURCE, avec feu.

Il est bien étonnant qu'en m'interpellant, le citoy Merlin me calomnie ; mais ce que j'ai dit en particulie je suis prêt à le redire à cette tribune, et c'est besoin de mon cœur. — Hier soir, j'entendis dénonce dans une assemblée publique, les deux tiers de convention nationale comme aspirant à écraser 1

Trais amis du peuple et à détruire la liberté ! On criait

contre le projet de loi proposé pour la punition des pro-

Tocateurs au meurtre et à l'assassinat. J'ai dit et je dis

encore que cette loi ne peut effrayer que ceux qui

méditent de nouveaux crimes. — On criait contre la

proposition de confier la convention nationale à une

garde composée de citoyens de tous les départements.

J'ai dit et je dis encore que je ne veux pas que Paris,

dirigé par des intrigants, devienne dans l'empire

français ce que fut Rome dans l'empire romain. Je

déclare donc que je ne ploierai pas sous son joug, et

que je ne consentirai pas qu'il tyrannise la républque.

J'ose m' élever le premier, parce que jamais je ne me

tairai devant aucune espèce de tyran. Oui, j'en veux

à ces hommes qui, le jour même des massacres, ont

osé porter des mandats d'arrêt contre huit députés à

la législature. — Je répète, à la face de la République,

ce que j'ai dit au citoyen Merlin: je crois qu'il existe

un parti qui veut dépopulariser la convention nationale,

qvii veut la dominer et la perdre, pour régner sous un

^u.tre nom.

Quelques applaudissements s'élèvent.

LOUVET

Oui, c'est le parti de Robespierre ! Voilà l'homme ^v:i.e je vous dénonce.

BARBAROUX

Et moi je dénonce Marat.

DANTON, s'élançant à la tribune.

C'est un beau jour pour la République française que ^^lui qui amène entre nous une explication fraternelle.

186 LA MOŒiT DB LOUIS XVI.

On parle de dictature et de triumyirat : je suis prêt à Yous retracer le tableau de ma*Tle publique. Depuis trois ans, j'ai fait tout ce que j*ai cru deroir faire pour la liberté. Pendant la durée de mon ministère, j'ai employé toute la vigueur de mon caractère. S'il y a quelqu'un qui puisse m'accuser à cet égard, qu'il se lève. Il existe, il est vrai, dans la députation de Paris un homme dont les opinions sont pour le parti républicain ce qu'étaient celles de Royou pour le parti aristocratique: c'est Marat. Assez et trop longtemps on m'a accusé d'être l'auteur des écrits de cet homme. J'invoque le témoignage du citoyen qui nous préside» Quant à ses exagérations, je les attribue aux vexations qu'il a éprouvées; et je crois que les souterrains dsm^

lesquels il a été renfermé ont ulcéré iton âme —

Il est certain qu'il faut une loi vigoureuse contre ceux, qui voudraient détruire la liberté puisque. Bh bien f portons-la, cette loi ; portons la peine de mort contre quiconque voudrait détruire en France l'unité du gouvernement et de la représentation.

De vifs applaudissements se font entendre au sommet de Isl montagne. — Qu^elques mexabres crient : Pcis de fédération !

BUZOqp.

Vi qui Bé dit au citoyen DaAto» que quelqu'un songeais à rompre l'unité de la République l

RâiNTON.

Que les dénonciateurs signent au moins leifra écrits *

BARBAROUx, s^'élançant à la MJmne, Et bien ! Barbaroux de Marseille se présente pcMiX* signer ladénonciation qui a étéMte. AppeléSiCbezflobe^^-'

DEUXlèME PARTIE. 187

|>ierre, ^ors de la conspiration patriotique qui fut tramée pour renverser le trône de Louis le tyran, Panis nous désigna nominativement Robespierre comme l'^homme vertueux qui devait être le dictateur de la !France. Nous lui répondîmes que les Marseillais ne s'abaisseraient jamais ni devant un roi ni devant un dictateur. [On applaudit) Voilà ce que je signerai et ce quejedéfle Robeapierre de démentir. On vous dit, citoyens, que le projet de la dictature n'existe pas. — Brt je vois dans Paris une commune désorganisatrice Qui envoie des commissaires dans toutes les parties de la République ; qui délivre des mandats d'arrêt contre des députés du corps législatif, et contre un ministre, Iiomme public, qui appartient non pas à la ville de I^aris, mais à la République entière . (On applavrctit.J Le projet de dictature n'existe pas ! et cette même commune de Paris écrit à toutes les communes de la République de se coaliser avec elle, d'approuver tout ce qu'elle a fait, de reconnaître en elle la réunion des pouvoirs. On ne veut pas la dictature ! pourquoi donc s'opposer à ce que la conventionjdécrète^que les citoyens de tous les départements se réuniront pour sa sûreté et pour celle de Paris ?... Citoyens, ces oppositions seront vaines; les patriotes vous feront un rempart de leurs corps. Et quand le moment du péril sera venu, alors vous^nous jugerez ; alors nous verrons si les faiseurs de placards sauront mourir avec nous.

Les applaudissements recommencent avec plus [de force. — L'impression ! Vimpression !

TiJLUEN.

YouaQ^ voulez pas aaua doute imprimer une calomnie :

or il y a dans ce discours un fait inexat. {Qxielques murmures se font entendre,) Il y est dit que la municipalité de Paris a invité les autres communes à se fédérera elle.,. {Plusieurs voix : Oui, oui. — D'autres: Elle répondra.) Je soutiens que jamais il n'est émané de cette commune aucun acte public de cette nature...

Les murmures couvrent sa voix.

UN DÉPUTÉ

N'est-il donc pas su, de tous les habitants du département du Nord, que les émissaires de la commune d^ Paris ont osé tenir les discours les plus incendiaires ;. et ils osent nier que le projet de dictature existe 5 Voici ce qu'ils ont dit à la société populaire de Douai : « Dressez des échafauds ; que les remparts soient hé- < risses de potences ; que quiconque ne sera pas de no- « tre avis y soit immolé à l'instant. La commune de « Paris s'est emparée de tous les pouvoirs : approuvez « toutes les mesures qu'elle prendra, et elle sauvera « l'empire.... » A Meaux, n'a-t-on pas vu deux députés, décorés de leur écharpe, annoncer qu'il n'y avail plus de lois, et entraîner hors de la légalité l'assemblée électorale, qu'ils séduisaient par leurs perfides insinuations. Ne les a-t-on pas vus s'emparer d'une collecte faite dans cette même assemblée : et, le soir même de cette journée, demander à faire tomber quatorze têtes qu'ils ont exigées du peuple.

BRISSOT

Je demande par quels motifs les mêmes hommes on délivré un mandat d'arrêt contre un député I N'était-c ^ pas pour l'immoler avec les prisonniers de l'Abbaye ?

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