DEUXIÈME PARTIE
PANIS
On ne se reporte pas assez dans les circonstances terx^ibles où nous nous trouvions. Nous vous avons sauvés, ot vous nous abreuvez de calomnies. Qu'on se représente notre situation. Nous étions entourés de oitoyens irrités des trahisons de la cour. On nous disait : Voici un aristocrate qui prend la fuite, il £âut que vous l'arrêtiez, ou vous êtes vous-même un ■fcxaître. On nous mettait le pistolet sur la gorge, et nous xnous sommes vus forcés de signer des mandats, moins I>ournotre propre sûreté que pour celle des personnes ' qui nous étaient dénoncées. — On accuse aussi le <30inité de surveillance d'avoir envoyé des commissaires dans les départements pour enlever des effets ou même SLrrêteT des individus . Voici les faits : les traîtres fuyaient, il fallait les poursuivre; le numéraire s'expor- -t^ait, il fallait l'arrêter. Oui, nous avons, illégalement si vous le voulez, mais pour le salut de la patrie, si^rrêté l'exportation de sommes très-considérables. "Voilà ce que j'avais à dire.
MARA.T
Je demande la parole.
UNE FOULE DE DEPUTES
A bas, à bas de la tribune ! — Nous ne l'entendrons pas.
MARAT, à la tribune et élevant la voix.
J'ai dans cette assemblée un grande nombre d'enneïnis personnels. {U assemblée entière se levant avec indignation :Tousl tous!) J'ai dans cette assemblée Vin grand nombre d'ennemis; je les rappelle à la pudeur, et à ne pas opposer de vaines clameurs, des
huées ni des menaces, à un homme qui s*est dévoué pour la patrie et pour leur propre salut. — Oh a osé l'accuser d'aspirer au tribunat. Si quelqu'un est coupable d'avoir jeté dans le public ces idées, c'est moi.... Lorsque les autorités constituées ne servaient plus qu'à enchaîner la liberté, qu'à égorger les patriotes sous le nom de la loi, me ferez-vous un crime d^avoir provoqué, sur la tête des traîtres, la hache vengeresse du peuple? Non, si vous me l'imputiez à crime, le peuple vous démentirait ; car, obéissant à ma voix, il a sentL que le moyen que je lui proposais était lé seul poi] sauver la patrie; et, devenu dictateur, il à su se déba rasser des traîtres.