TROISIÈME PARTIE
SIMON
Ça m'étonne....
ROCHER
Et moi aussi....
SIMON
Mais c'est égal, ce sera du bon. — Est-ce qu'ils n'ont pas voulu l'assassiner au moins cette fois[?
Non, mais il y a furieusement des interruptions....
ROCHER
Les gredinsl... Et ils vous parlent d^ liberté! Jusqu'à ce qu'on s'en soit défait,'ça n'ira pas.
MEUNIER
Voyons ce qu'ils disent.
TURLOT
Par lequel voulez-vous commencer?
SIMON
Par Marat.
MEUNIER
Non, non. Vaut mieux par le commencement.
TURLOT
Eh bien, par Saint- Just alors.
TOUS
Voyons.
MEvuiïERy regardant par-dessus l'épaule de Turlùt
Mais y a Morisson d'abord,
TURLOT
Un aristocrate ; des bêtises. Ne dit-il pâs que Cap<ôt doit être inviolable....
ROCHER, tirant son sombre.
Inviolable! (A Turlof), Passe donc le doigt sur te fi
de celui-ci. Il y a aussi de l'inviolabilité dans le sabre d'un patriote! je n'en connais pas d'autre moi. TVRLOT, parcourant le joumaL Voyons donc Saint-Just... D'abord, il dit « qu'il doit « être jugé dans des principes qui ne tiennent ni de « l'un ni de Tautre... »
SIMON
Il y est lui : ni de l'un ni de l'autre l C'est ça ?
MEUNIER
Chut! après
TURLOT, parcourant toujours le joumaL
Ecoutez : « L'unique but du rapport est de vous « persuader que le ci-devant Roi doit être jugé en « simple citoyen ; et moi je dis qu'il doit être jugé en € ennemi. »
SIMON
Oui, oui, en ennemi!...
TURLOT
Ce n'est pas tout : « que vous avez moins à le juger « qu'à le combattre ; et que, n'étant pour rien dans le « contrat qui unit les Français, les formes de laprocé- « dure ne sont pas dans la loi civile, mais dans la loi « du droit des gens. » Il a mis le doigt dessus. Comprenez-vous : un voleur, un assassin qui se sauve, tout le monde a droit sur lui.
ROCHER
Si je voulais, je pourrais donc lui foutre un coup de sabre quand il descendrait, et ça serait fini ?
SIMON
Sans doute... Mais, comme Ta dit un autre, c'est l'affaire du souverain. — Laisse causer Turlot.