TROISIÈME PARTIE
TURLOT, s' extasiant.
Ah ! que c'est beau I que c'est beau !..• écoutez : « Un jour on s'étonnera qu'au dix-huitième siècle on « ait été moins avancé que du temps de César. Là le € tyran fut immolé en plein sénat, sans autre loi que la « liberté de Rome ; et aujourd'hui Ton fait avec respect « le procès d'un homme assassin du peuple, pris en
< flagrant délit, la main dans le sang, la main dans le € crime ! »
TOUS
Sublime !....
TURLOT
Et puis ceci :
« Que ne doivent pas craindre, parmi nous, les amis
< de la liberté en voyant la hache trembler dans nos % mains, et un peuple, dès le premier jour de sa li- 4; berté, respecter le souvenirde ses fers!.... »
SIMON
Mille bombes! des fers!.... Je les tuerai plutôt tous de ma main.
ROCHER
Et c'est ce petit Saint-Just qu'a dit cela, ce petit maigre?.... Ah! il ira loin, allez; c'est un républicain fini. — Mais voyons un autre.
Un moment; écoutez celle-ci :
« On ne peut régner innocemment. Tout roi est un « rebelle et un usurpateur....
Et c'te autre.... »
« Je le répète, on ne peut pas juger un roi suivant % les lois du pays... Louis est un étranger parmi nous : « il n'était pas citoyen avant son crime, il ne pouvait
206 LA MiWE DB LOUIS XVI.
f: voter, il ne pouvait porter lea armes; il Test encore ^
« moins depuis son crime.... Hâte^voea de le juger, ^,
f: ear il n'est pas de citoyen qui n'ait sur l«i le droit i*i
« qu'avait Brutus sur César.... Le consul de Rome ^^s < jugerait qu'il a sauvé la patrie. »