TROISIÈME PARTIE
LE ROI, après un instant de silence.
Pourriez-vous au moins vous informer de la santé de mon fils et de celle de sa mère ; je vous en aurais la plus grande obligation.
i-E MUNICIPAL, après s'être concerté avec son collègiie.
Cela se peut, j'y vais.
Il sort.
LE ROI, à Cléry.
Puisqu'il en est ainsi, il faudra monter le lit du
IDauphin chez sa mère Ces dames ont dû passer
xxne bien mauvaise nuit.
CLÉRY
Sire, si vous attendiez
LE ROI
Je n'y compte pas et puis encore, faut-il que la
reine ne soit plus dans la nécessité de se priver d'un xnatelas pour le Dauphin.
CLÉRY
La convention ne saurait être aussi brutalement xndicule que la commune; il est à croire qu'elle fera <Jroit à votre demande.
LE ROI
Je ne compte sur aucun égard d'ailleurs, pren-
cSrait-elle une décision favorable, la commune ne l'exé- C5uterait pas.
LE MUNICIPAL rentrant.
Toute votre famille, Monsieur, se porte bien. — MM. les commissaires de la convention vont entrer.
Entrent Thuriot, Cambacérès, Dubois-Crancé et Dupont de Bigore, portant différentes liasses de papiers.
OAlffîACBRis.
Nous venons vous faire sayoir, Monsieur-, que le citoyen Target, que vous aviez choisi pour votre ooMeiU se refuse à remplir ce ministère : voici sa lettre, -r^ La convention nationale a fait également prévenir M. Tronchet : il viendra probablement dans }a journée. Comme il est, du reste, important que l'assemblée ne perde pas en délais inutile3 un temps précieux qu'elle dpit à la, République, elle nous charge de vous dire qu'elle a reçu des citoyens Sourdat, Huet, Guillaume et Lamoignon, diverses lettres relatives à votre défense; elle vous prie de désigner vous-même les conseils dont vous voulez faire choix. Le député Thuriot va vous donner connaissance des lettres reçues. THUi^OT, déployant plusieurs lettres.
Voici d'abord celle du citoyen Lamoignon :
Paris, 11 décembre 179£.
« Citoyen président, j'ignore si la convention don- « nera à Louis XVI un conseil pour le défendre, et si
< elle lui en laisse le choix. Dans ce cas-là, je désire € que Louis XVI sache que s'il me choisit pour cette « fonction, je suis prêt à m'y dévouer. Je ne vous de- « mande pas de faire part à la convention de mon offre, « car je suis bien éloigné de me croire un personnage € assez important pour qu'elle s'occupe de moi ; mais
< j'ai été appelé deux fois aux conseils de celui qui fut 4c mon maître, dans le temps où cette fonction était 4 ambitionnée par tout le monde; je lui dois le même « service, lorsque c'est une fonction que bien des gens ' 4c trouvent dangereuse. Si je connaissais un moyen « possible pour lui faire connaître mes dispositions,