‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 154 sur 212 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

< je ne prendrais pas la liberté de m'adresser à voub. 4c J'ai pensé que, dans la place que tous oceupez, tous € aurez plus de moyens que personne pour lui faire

< passer cet avis.

< Je suis avec respect, etc.

€ Signé, lamoignon de malesherbes. »

Voilà les autres lettres, vous en prendrez connaissance.

le roi, après avoir lu et regardé les signatures. Je suis sensible aux offres que me font les personnes qui demandent à me servir, et je vous prie de leur en témoigner ma reconnaissance. J'accepte M. de Malesherbes pour mon conseil, et si M. Tronchet ne peut me prêter ses services, je me concerterai avec M. de Malesherbes pour en choisir un autre.

thuriot.

Gela suffit : M. de Malesherbes a, dès ce moment, la liberté de vous voir. Nous allons donner des ordres pour que le décret de la convention qui autorise les conseils à communiquer librement, soitponotuellement exécuté.

le roi.

Je vous remercie. Messieurs, et vous prie de m'envoyer M. de Malesherbes le plus tôt possible.

GAMBACERÈS.

A l'instant même.

Loi députés se retirent. — Le Roi examine les pièces qu'on lui a laissées, et se promène. — Les municipaux causetit à mi-voix et d'une manière mystérieuse.

V' municipal.

Ah ça ! se moquent-ils de nous ces conventionnels f

Les as-tu entendu : < Vous laisserez entrer. > — Et les ordres de la commune ?

Je ne connais que la commune, moi.

Ah I laisse-les-moi, ces législatifs, avec leurs décrets. Ne dirait-on pas que nous serions leurs valets. Je crois pourtant que nos instructions sont claires : < Les con- 4: seils de Louis seront scrupuleusement fouillés jus- « qu*aux endroits les plus secrets. > Est-ce français cela ? ^ Et, après s'être déshabillés, ils se revêtiront % de nouveaux habits, sous la surveillance des com- 4: missaires. > Il n'y a pas à tortiller, soils la surveillance des commissaires/ C'est bien nous, je crois. — Mais il n'arrive pas, Tavocat. — A propos, dis-moi donc, c'est encore de la façon de notre nouveau procureur, cet arrêté. Sais-tu que c'est un malin que Chaumette'; et puis on dit qu'il a joliment répondu au président quand il lui a demandé : Comment est-ce que vous vous nommez ?

Tu n'y étais donc pas? Eh bien I voici : < Quel nom 4: que t'as; ton âge et ta demeure,» qu'il lui dit. — Tu vas voir la réponse. « Dans l'ancien régime, dit-il, je 4: m'appelais Pierre-Gaspard Chaumette^ parce que 4; mon parrain croyait aux saints : mais depuis la révo- 4: lution j'ai pris le nom d'un saint qui a été pendu pour 4: son républicanisme : je m'appelle Anaœagoras 4c Chaumette. »

TISON, entrant précipitamment Le citoyen Mal... Malherbes... un avocat...

Page 1