SCÈNE VII
26 décembre.
Salle de la convention. — Les défenseurs de Louis viennent d'être entendus et la séance se continue. Tous les députés sont à leur poste. — Louis sort de la barre avec ses défenseurs; il est conduit dans la salle des conférences pour attendre la décision de rassemblée. Defermont est au fauteuil.
THURIOT
Je demande que le mémoire de Desèze soit signé.
MANUEL
Je demande que la défense de Louis soit déposée sur le bureau ; qu'elle soit, comme les pièces de l'accusation, imprimée, envoyée aux départements, distribuée en vingt-quatre heures aux membres de l'assemblée^ et que l'affaire soit reprise trois jours après la distribution.
Des murmures s'élèvent des tribunes ; des applaudissements se font entendre dans une autre partie de la salle.
DEFERMONT, président.
Point d'applaudissements, je vous prie; c'est aux membres de l'assemblée à donner l'exemple du silence.
DUHEM
Je demande qu'il soit jugé le plus tôt possible, toutes les formalités ayant été remplies. Dans tout tribunal,
2aÇ. LA MORT DE LOUIS XVI.
quand l'accusé a été entendu, on passe de suite aux voix. {Applaudissements d'une partie de rassemblée et des tribunes.) Il est temps que la nation sache si elle a raison de vouloir être libre, ou si c'est pour elle un crime; si Louis Capet est un traître, ou s'il est un honnête homme. Il est temps, que nous nous prononcions sur cette question : Louis Capet subira-Wl la peine de mort, oui ou non? Puisque Capet a déclaré lui-même n'avoir plus rien à ajouter, je demande qu'il soit jugé sur-le-champ.
BAZIRE
Je demande qu'il soit jugé sans désemparer.
Vifs applaudissements dans les tribunes. On y remarque une agitation qui se manifeste par les gestes les plus bruyants.
DEFERMONT, président.
Je vais consulter rassemblée. On a demandé le dépôt et l'impression de la défense présentée par Desèze.
DUHEM
Aprè^ le jugement.
LANJUINAIS
Je demande à parler sur l'impression. Citoyens, je crois qu'il est temps que nous prenions une mesure sage, et que nous ne nous jettions plus dans deè délibérations capables de nous déshonorer. J'ai entendu à cette tribune demander trop souvent et trop scandaleusen;ient le rapport de décrets rendus après les plus mûres délibérations. Serai-je déraisonnable si je vous demande de rapporter un décret insensé, irréfléchi, un décret rendu dans une minute; je parle de celui par lequel vous vous êtes constitués juges dç Louis XVI.