‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 167 sur 212 · CHOUDIEU · texte numérisé non relu

CHOUDIEU

Cela n'empêche pas que je demande la parole contre Lanjuinais.

LANJUINAIS

Vous ne pouvez rester juges de l'homme désarmé dont plusieurs d'entre vous ont été les ennemis directs et personnels, puisqu'ils ont tramé l'invasion de son domicile, et qu'ils s'en sont vantés...

270 LA MORT DE X-OUl'S "XVI.

ÛK DÉBUTÉ.

C*ëst la ûàtiôn ^litière qui Ta détrôné.

LANJUINAIS

Vous ne pouvez pas rester juges, applicateurs de la loi, accusateurs, jurés d'accusation, jurés de jugement, ayant tous ou presque tous ouvert votre avis ; quelques-uns de vous l'ayant même fait avec une férocité scandaleuse. {Une voix : vous aimez donc mieux le salut du tyran que celui du peuple.) J'entends parler du salut du peuple; c'est là l'heureuse transition dont j'avais justementbesoin. Ce sont donc des idées politiques qu'on vous appelle à discuter, et non plus des idées judiciaires. J'ai donc eu raison de vous dire que vous ne deviez pas vous montrer ici comme juges, mais comme législateurs. La politique veut-elle que la nation soit déshonorée ? La politique veut-elle que la convention partage les inconvénients, les calamités qui peuvent résulter de la diversité et de la variabilité étonnante de Topinion publique ? Disons-le, il est temps de fixer l'opinion sur cet objet perpétuel d'alarmes et d'espérances. Je demande que l'assemblée, rapportant le décret par^ lequel elle a décidé qu'elle jugerait Louis XVI, ou l'interprétant, décrète qu'elle prononcera sur son sort, par forme de mesure de sûreté générale, deux jours adirés la distribution du mémoire.

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