TROISIÈME PARTIE
CLÉRY, 'parcourant le papier que le Roi vient de lui remettre.
C'est affreux : mais le public murmure hautement, Dumouriez est à Paris ; on dit qu'il est porteur des vœux de son armée contre le procès qu'on fait à Votre Majesté. Le peuple est également révolté de l'infâme conduite de Monsieur d'Orléans, et le bruit se répand que les ministres des puissances étrangères vont se réunir pour aller à l'assemblée. Enfin Ton assure que les conventionnels craignent une émeute populaire.
LE ROI
J'en serais très-fâché : ce seraient de nouvelles victimes. — Je suis fait à l'idée de la mort, mais je ne puis envisager sans frémir le sort cruel que je vais laisser après moi à ma famille et à mes malheureux enfants!... Oh ! mon Dieu! est-ce là le prix que je devais recevoir de tant de sacrifices I {En prononçant ces dernières paroles, il sert les mains de Cléry, qui fond en larmes. — Regardant et prenant l'un après l'autre les livres qui sont sur sa table.) Qu'est donc devenue l'histoire de Hume ? Je voudrais lire ce qui concerne les derniers moments de Charles !•'. Voyez dans la bibliothèque.
Pendant que Cléry est à la bibliothèque, Louis prend un ancien numéro du Mercure de France, et le parcourt. Une page à laquelle il s'arrête paraît Tintéresser.
LE ROI
Tenez, Cléry, voilà un logogriphe que je vous donne à deviner. {Cléry Vétudie quelque temps.) Eh bien ! vous ne le trouvez pas ?
CLÉRY
Non, Sire, je le cherche inutilement.
LE ROI
Il m'est pourtant bien; applicable en ce moment... Vous ne voyez pas ? c'est sacrifice.
Entre le municipal Gobeau, accompagné du concierge Mathey; ils font rinventaire des meubles et ustensiles dont se sert le Roi.