PREMIÈRE PARTIE
mot à dire à chacun de ses Marseillais. Ma foi, s'ils ne valent pas mieux que lui, ce ne serait tonnerre de Dieu pas la peine...
ROBESPIERRE
Qu'avez-vous fait et de quoi est-on convenu ?
SANTERRE
Ils ont dû te le dire.
ROBESPIERRE
A peu près ; mais je leur ai répondu que ça ne pouvait pas être.
SANTERRE
Comment ? Mais si ! Nous marchons aujourd'hui même c'est convenu ; nous faisons une visite, en grande "tenue, à M. et M""® Veto, qui ne nous attendent pas, ce <iu'il y a de mieux.
ROBESPIERRE
D'où viens-tu donc, Santerre ? Est-ce que tu serais âussi des Rolandistes ?
SANTERRE
Je veux la destitution du Judas couronné : après ça nous verrons...
ROBESPIERRE
Marat a vu plus loin que toi. Ils nous jouent, et nous avons l'air de leur tirer les marrons du feu.
SANTERRE
Je ne vois pas du tout cela : et le peuple...
ROBESPIERRE
N'est qu'une machine que vous ne savez pas conduire, entends-tu. Quoi que t'en dise ton d'Orléans, "VOUS n'y voyez que du feu dans votre parc de Monceaux : on vous vendrait bien facilement.
SANTBRRE.
Cependant.... de deux choses Tune, oa il faut marcher demain sur la maison du tyran, ou il faut encore tout remettre, et voir les sections se refroidir, peutêtre entendre les Marseillais dire qu'on les trompe.
ROBESPIERRE
Balivernes que toutes vos processions civiques. Les révolutions ne se font pas à l'eau rose, et il faut du sang. Dis-le bien à d'Orléans, qui le sait comme moi.' Ne te laisse jouer par personne.
SANTERRE
Me laisser jouer ! quand je puis, dans deux heures, avoir quarante mille piques à^mes ordres.
ROBESPIERRE
Bien ; mais demande à Marat ce qu'il faut pour une révolution.
MARAT
Moi, je ne veux que deux cents Napolitains, armés de poignards, et portant à leurs bras gauche un manchon en guise de bouclier ; avec eux je parcourrai la France, et je fais la révolution. Si l'assemblée veut y prendre part, et qu'elle ait réellement l'intention de sauver la France, qu'elle décrète que tous les aristocrates porteront au bras un ruban blanc, et qu'on les pendra quand on les trouvera réunis au nombre de trois.
SANTERRE
Enfin il faut toujours bien que le tyran couronné
ROBESPIERRE
Oui, mais il ne faut pas que [ce soit au profit des fé déralistes. Il n'est qu'un moyen : c'est de déployer 1