PREMIÈRE PARTIE
LA REINE
Et VOUS ne craignez pas ?
LE ROI
Que puis-je craindre... Il est vrai, cependant, qu'on y a porté les dépenses relatives aux secours, je pourrais dire aux secours alimentaires, que j'envoie à mes anciens serviteurs... Au reste, joignons-les à ma correspondance privée. Aussi bien, tout est crime à leurs yeux, et ils m'en feraient un d'avoir pourvu à la dépense de la maison de mes neveux Antoine et Charles- Ferdinand à Turin.
Et les fonds que vous avez fait parvenir à M. de Rochefort, pour l'émigration, ne se trouvent-ils pas indidiqués là?...
LE ROI
Oui, et aussi quelque argent envoyé, en février dernier, à MM""®* de Polignac et Lavauguyon...
LA REINE
Oh! oui, brûlez, brûlez tous ces comptes, . . cette chère Polignac qui me fut si bonne et si douce amie, ils la mettraient à mort !
LE ROI
Mais, pardon, voici une pièce relative au conseil de la garde nationale parisienne; j'ai encore besoin de ce document; il faut le mettre à part.
LA REINE
J'y suis : l'enrôlement et la formation de la légion sacrée, par des inscriptions chez les notaires?....
LBROL
Précisément Mais venons à une autre affaire : il
faut que nous ayons Pétion, et que nous le détachions de ses complices. M"*® Elisabeth dit avoir trouvé un homme qui se charge de le gagner. Ce n'est peutêtre qu'un fripon qui (^'entremet encore ; mais, à une duperie près, il faut essayer : c'est d'ailleurs le seul moyen que nous ayons de nous débarrasser de cet homme, que ni Tarrêt du département, ni ma sanction royale n'ont pu chasser du poste qu'il occupe. C'est un ennemi trop redoutable.
Et que ferait-il pour nous?
LE ROI
Il se mettrait à notre dévotion et déjouerait les conspirateurs dans leurs plans.
LA REINE
Ce n'est pas possible
LE ROI
W^^ Elisabeth assure qu'il y consent et qu'il offre, à notre première entrevue, de tenir le doigt posé sous l'œil pendant quelques secondes, en signe d'intelligence.
LA REINE
Et quelle somme demande le publicain?
LE ROI
Énorme, et telle que je me vois forcé de céder aux offres que vous m'avez faites, et d'accepter les 100,000 fr. de votre épargne que vous avez bien voulu mettre à ma disposition. Comme cela cependant ne suffirait pas, vous ferez dire à La Ferté, par M""® Campan, que je prendrai aussi les 24,000 fr. qull m'a fait offrir; et vous chargerez votre Dame d'honneur de