PREMIÈRE PARTIE
M"« CAMPAN, parcourant la liste.
Madame, je voudrais être dispensée de donner mon avis sur ce seul nom.
LA PRINCESSE
Voyons... Madame de M.., —Pourquoi donc? Je sais qu'elle ne vous aime pas, et c'est pour cela même que je veux avoir votre avis.
M™* CAMPAN
Ce n'est pas que je me refuse à lui rendre hommage ; mais comme je n'ai que du bien à en dire, et que notre inimitié est connue de toutes les femmes de la Reine, je craindrais qu'on ne soupçonnât mon jugement, en pensant que je n'aurai bien parlé de cette Dame que pour ne pas laisser de prise à la malignité.
LA PRiNCEiSE, embrassaut M°® Campan.
Que vous me faites de plaisir ! Je le vois, vous et W^ de M..., vous ne pouvez plus être ennemies sans injustice... Mais je m'aperçois que la Reine prend <iuelque repos sur son canapé. Je vais essayer d'en faire autant. Aidez-moi à retirer cette cornaline que J'ai dans ma collerette : c'est un bijou auquel je tiens "beaucoup. Lisez l'inscription qui s'y trouve. M"*® CAMPAN, lisant, « Oubli des offenses, pardon des injures. »
LA PRINCESSE
C'est une belle maxime. Je crains bien qu'elle ne soitpas goûtée de nos ennemis : nous n'en devons pas ^^ioins la chérir.
M"»« Campan «ort.
78 LA MORT DE LOmS XVI.