‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 7 sur 212 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

scÈNr m.

Premiers jours de juillet 1792.

Salle de rassemblée législative, au Manège. — Stanislas Girardin est au fauteuil.

MEMBRES DE L'ASSEMBLÉE, ORATEURS ET DÉPUTÀTIONS, MINISTRES, PUIS LE ROI.

UN siCRÉTAiRE, à la Mbune.

Je vais avoir l'honneur. Messieurs, d'ouvrir votre séance par l'énumération des dons patriotiques que d'honorables citoyens nous envoient de tous les points de la France pour la défense du territoire sacré de la patrie.

« M. Peloutiers, ex-bénédictin, marié constitutionnellement, et capitaine au bataillon du Pas-de-Calais, envoie 900 liv. et une montre d'or. Mademoiselle Monteson envoie un gobelet d'argent, pesant deux onces six gros, et une croix d'or pesant un gros et demi. Un autre citoyen, que sa modestie empêche de se nommer, des boucles d'argent, pesant trois marcs six onces cinq gros. La société des Amis de la constitution à Agen, quatre-vingt-quinze liv. un sou.

LE PRÉSIDENT

Voici, Messieurs, une lettre que je reçois à l'instant : vous verrez par sa teneur que les citoyens de tous les âges ont entendu l'appel de la patrie, et qu'ils rivalisent de zèle pour la soustraire au joug de l'étranger;

« Monsieur le président, mon papa me donne tous « les mois six liv. pour mes menus plaisirs ; je vous « envoie 25 liv. en assignats, pour faire la guerre. « Présentez, monsieur le président, mon respect à « toute l'assemblée nationale.

« PANCKOUCKE, « Ecolier de sixième au collège Duplessis. >

Des huissiers introduisent à la barre une députation des citoyens de la section dite des Lombards. Cette troupe nombreuse est armée de piques, de besaiguës, de trsmchets, de couteaux, de bâtons. Quelques femmes portent des sabres. La plupart ont des banderoUes. On lit sur plusieurs d'elles : Vive le vertuetcx Pétion I à bas le veto! vivent les patriotes ! vivent les sans-culottes! Deux hommes sont en tête, l'un portant une vieille culotte, l'autre un cœur de veau attaché à sa ceinture. On lit sur la culotte : Yive les sansculottes ! à bas M, Veto ! Sur l'autre insigne : Cœur d'aristocrate. — Les tribunes applaudissent vivement. •

LE PRÉSIDENT

Orateur de la députation, vous avez la parole. l'orateur.

A peine avons-nous appris que la patrie allait être déclarée en danger, que nous avons renouvelé le serment de vivre libres ou de mourir. Demain nous volons sur les bords du Rhin pour combattre les despotes et faire triompher l'étendard de la liberté. Mais débarrassez l'armée d'un homme qui viole les lois avec audace. (On Applaudit.) Ouh Lafayette a perdu la confiance des amis de la liberté. (Les tribunes et une partie de l'assemblée applaudissent.) Ddiii^ \e momQnt où nous marchons sur un volcan, la clémence serait un crime. Tout Paris vous a déclaré aussi que le département a

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