SCÈNE PREMIÈRE
11 août, six heures da matin.
X'ancien couvent des Feuillants. — Le Roi et sa famille y ont passé la nuiti — Quelques cellules donnant sur un corridor de service forment l'appartement de Leurs Majestés.— Des gardes, tirés des Marseillais et des sections, sont à toutes les issues, et obstruent le corridor qui sert de communication entre la cellule de la Reine et celle du Roi. — Le Roi est encore dans son lit, ayant la tête couverte d'une toile grossière. — M. Hue, valet de chambre, entr'ouvre légèrement la porte. — MM. de Tourzel et d'Aubier prennent quelque repos sur un matelas étendu à terre. Il ont passé la nuit au pied du lit de Sa Majesté.
LE ROI
Est-ce VOUS, Hue ?. . entrez.. .
HUE
J'ai peut-être troublé le repos de Votre Majesté ?
LE ROI
Désormais mon sommeil ne saurait être troublé. {T^ le fait approcher et lui serre la main,) Ah I ne me ca — chez rien... dites-moi tous les malheurs de ma maison 1 — Avez-vous des nouvelles du château?... Mes pauvres serviteurs !
HUE
Hélas, Sire, leur dévouement et leur fidélité ont ét^^ à toute épreuve...
LE ROI
Je le sais, mais quel a été leur sort? .Dites-moi toui ce que vous savez.
HUE
Sire, le chevalier d'AUonville...
LE ROI
Ciell ce pauvre d'AUonville!... — Et les officiers di ma chambre?
HUE
Us sont morts.
LE ROI, prenant la main de M, Hue.
J'ai du moins la consolation de vous avoir sauvé de ce massacre.
HUE
Oui, Sire, et mon éternelle reconnaissance vous prou-— vera, j'espère^ que le malheur ne saurait altérer la fi — déUté de votre serviteur.
LE ROI
Je vous en remercie... J'ai toujours compté surlei^-— personnes qui m'ont connu... Si tout ce qui nous arrivepouvait au moins faire le bonheur des Français. . . Et=^ le Château ? les Suisses?