DE ROHAN
tios misérables I ignorent-ils donc que la couronne un Roi de France ne relève que de Dieu et de son 3ée....
DE POIX
'Retenir leur Roi pendant quinze heures la baïonnette ir la poitrine!... Sire, Thôtel de Noailles est à votre îFvice ; et j'ose vous répondre que, si vous n'y trou- 3z pas tout ce que la dignité de votre auguste per- )nne exige, vous pourrez du moins y compter sur la délité des serviteurs auxquels il vous plairait d'ac- 3rder un tel honneur.
LE ROI
Je suis sensible à vos offres. Monsieur le Prince, lais je n'ai même plus la libre disposition de ma peronne. Après avoir vu ma maison mise à feu et à ang, j'attends qu'il plaise à mes sujets de fixer euxlêmes la résidence de leur Roi, et de décider entre 3 Xuxembourg et la Chancellerie...
HUE
Sire^ je crains que les factieux ne soient plus audaieux que vous ne pensez. Si je suis bien informé, la ommune doit mettre en avant sa responsabilité pour endre votre détention encore plus sévère : on parle u Temple.
LE ROI
Que la volonté de Dieu se fasse I J'ai fait ce que ma jonscicnce me prescrivait. Rien d'ailleurs ne peut plus n'étonner, et la nomination des nouveaux ministres 3st le dernier coup porté aux serviteurs de ma cause.
DE POIX
Elle montre à nu toute la rage des factieux. — Et ce
sont ces hommes qui yont statuer sur la royauté et les destinées de la France I Des Danton, des Rolland, des Clavières, des Servan ; un Monge^ qui fut tailleur de pierres àMézières ! un Le Brun à peine dans le cas d'être commis I tous, hommes sortis de la lie du peu" pie, et qui n'ont pour eux que les vociférations de la multitude.
LE ROI
Que pouvais-je attendre autre chose ? J'avais éloigné de mon conseil Rolland, Clavières et Servan, pour avoir méconnu Tautorité que la constitution m'avait confiée : il était tout simple qu'on portât ces hommes au pouvoir, et qu'on leur remît le droit de fixer le sort de leur Roi. Ceux qui font les révolutions en sont toujours les juges. Il faut nous résigner. Messieurs; imitez mon exemple.
DE CHOISEUL
Nous voudrions périr pour vous, et tenter encore le sort des armes, si la bourgeoisie était moins aveugle.
LE ROI
N'y comptez pas... J'ai envoyé d'Aubier aux renseignements ; mais je n'attends rien défavorable. Je suis dépourvu de tout, d'une autre part réduit ^ prier un de mes officiers de me prêter du linge ; et la Reine ellemême attend de la bonté de Madame l'Ambassadrice d'Angleterre quelques vêtements de première nécessité pour le Dauphin, qui se trouve être de l'âge i& son fils.
DE CHOISEUL
Sire, permettez que tout ce que nous possédons soifc
à votre disposition : j'ai quelque peu d'or, il vous ap^
partient.
Votre dévouement me touche, Monsieur le Duc, et j'aurai peut-être recours à vos offres : nous sommes entourés de tant de misères et de désastres.
DE CHOISEUL
Ah I Sire, la douce bienveillance de la Reine pour les malheureuses victimes de la journée d'hier a touché tous les cœurs.
LE ROI
Messieurs, vous exaltez une action bien simple...
DE CHOISEUL
Sire, il est su de tous que la Reine et les dignes princesses qui partagent son sort se sont dépouillées de leurs dernières ressources pour soulager les blessés.
DE POIX
Et que, n'ayant plus aucun moyen de répondre au tesoin de leur cœur, elles ont été obligées de recourir âla bourse des gens de votre maison, d'emprunter pour *iire Taumône !
LE ROI
J'espère que l'assemblée, pour l'honneur même de la France, n'oubliera pas dérégler ce qui peut être relatif à nos besoins. —Mais voilà M. d'Aubier : qu'avez- "^ous à nous apprendre ?
X)' AUBIER, lui remettant un paquet qu'il tire d'un pli de son habit
Sire, la multitude s'est emparée des sections ; les ^ens armés de piques y font la loi ; on désarme les "iDOurgeois, et déjà l'on prépare un acte d'adhésion à la c2onduite de l'assemblée nationale.
C'est le prélude de mon arrêt de mort I
DE TOURZEL, Venant du corridor.
Sire, M. l'inspecteur de la salle annonce avoir à vous présenter une délibération des comités.
LE ROI
Faites entrer {L'inspecteur entré). Quel est l'objet de votre mission, Monsieur le Député ?
LE DÉPUTÉ, inspecteur de la salle.
L'assemblée, Sire, me charge de vous faire savoir qu'elle voit avec peine augmenter le nombre des officiers qui se rendent auprès de votre personne. Regardant cet événement comme un présage funeste pour la tranquilité publique, elle vous prie, dans votre intérêt et celui de votre famille, de ne pas donner au peuple, déjà très-irrité, ce nouveau motif de défiance et de crainte.
LE ROI, avec indignation.
Vous pouvez vous retirer. Monsieur, je me rappellerai les ordres de la chambre. {Le député sort,) — Ah ! Charles l®"" ne fut pas si malheureux que nous !
DE POIX
C'est une indignité I