‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 91 sur 212 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

DANTON, garde des sceaux, apercevant Marat.

Ah I te voilà. Touche là, et embrassons-nous. Qu'il ne soit plus question de querelle, que tout soit oublié.

MARAT

Soit, puisque c'est pour le salut de la patrie. {Ils

^embrassent) Ah ça I il faut des placards et des pro-

c^lamations. Ce que je te disais dans ma lettre était un

jpeu vert; mais comment déguiser la vérité à un homme

<3omme toi? Le salut du peuple avant tout.

DANTON

Déclarons donc suspects, et dès aujourd'hui faisons SLirêter comme tels tous ces empoisonneurs de l'opix^ion publique.

MARAT

C'est cela.

ROBESPIERRE

Et qu'on déclare par le même arrêt que leurs presses, l^urs caractères et tous leurs instruments seront c^onflsqués au profit des écrivains patriotes, pour que oeux-ci aient à éclairer les citoyens sur les véritables dangers de la patrie.

DANTON

Je demande de plus, qu'à l'avenir, les séances du oonseil général de lacommune soient publiées, et qu'on é-t^blisse sans délai une tribune de journaliste pour le cx-toyen Marat.

MARAT, sautant au cou de Danton.

3)anton, je raiprédit,tu serasle sauveur de la patrie! I^ressez des échafauds et des potences, et que ceux ^^xi ne marcheront pas y soient conduits : c'est le seul tt^oyen.

MANUEL

Oui, mais cet infâme tribunal!...

MARAT

Il n'en faut plus ; et le salut du peuple demande qu'on nomme un dictateur qui soit autorisé à faire venir devant lui tous les conspirateurs. Trois cent mille têtes suffisent. — Pendez à leur porte les marchands, les épiciers et les vendeurs d'or, tous ces modérés, toujours prêts à nous compromettre, et je réponds de la patrie.

ROBESPIERRE

Il a raison : il est des temps où il faut être cruel par calcul d'humanité. Le lit de la liberté doit être un matelas de cadavres, s'il le faut.

BILLAUD- VARENNES

Et le sang des traîtres, le lait dont on nourrit se»premiers ans.

DANTON

Je vois que vous avez le juste sentiment de la position. Mais, avant d'agir, il faut prendre ses mesures, — Mon projet serait de pousser la population entière aux armées, et, pour arriver là, de frapper un coup qui atteignît tous nos ennemis du dedans.

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