DEUXIÈME PARTIE
c'est à elle qu'il appartient d'agir, quand les ministres et l'assemblée trahissent la cause publique.
BOURDON
Qu'on aille aux prisons !
DANTON, avec vivacité.
Bourdon vous Ta dit : là est le chancre qui nous dé- ^vore, il faut l'extirper à tout prix.
MARAT
Et que l'amputation soit large et profonde.
DANTON
Qu'on arrête tous les suspects, qu'on les jette dans les dépôts ; et que la justice, au jour marqué, s'arme d^ son épée vengeresse ; n'épargnons ^personne.
ROBESPIERRE
Et le moyen ?
DANTON
D'abord, engager le peuple à dénoncer les personnes ciTii ont trempé dans les complots du 10. Une proclaxiaation de la commune peut préparer cette affaire.
TALLIEN
Je proposerai aussi de faire prêter serment à tous 1 ^ s citoyens, et de faire dresser un état de leurs noms.
BOURDON
C'est juste, on aurait ainsi la liste des suspects.
MANUEL
Moi, je voudrais qu'on fît afficher la liste des huit ixxxlle pétitionnaires qui ont demandé la poursuite des I> strictes du 20 juin.
DANTON
Toutes vos mesures sont incontestablement bonnes, tr*ès-bonnes; mais, suivant moi, elles ne sont que secondaires. La première chose à faire est de décréter
que les barrières seront feimées; que nul ne pourra sortir de Paris sans passeport, et sans se faire cautionner par deux citoyens, qui seront tenus de l'accompagner aux barrières, et de signer un registre ouvert à cet effet.
TALLIEN
Et si Ton suspendait les passeports ?....
DANTON
Ce serait le moyen de n'en laisser échapper aucun. — On suspendra donc la délivrance des passeports.
ROBESPIERRE
Je demande en même temps que les communes environnantes soient obligées de former une seconde enceinte de surveillance au-delà des barrières.