‹ La mort de Socrate, poëmeChapitre 9 sur 14 · SIXIÈME NOTE · texte numérisé non relu

SIXIÈME NOTE

L'été sort de l'hiver, le jour sort de la nuit ^.

Quand Socrate eut ainsi parlé, Gébès prenant la parole, lui dit : Socrate, tout ce que tu viens de dire me semble très -vrai. Il n'y a qu'une chose qui paraît incroyable à l'homme : c'est ce que tu as dit de l'ame. Il semble que lorsque lame a quitté le corps , elle n'est plus ; que , le jour où l'homme expire, elle se dissipe comme une vapeur ou comme une fumée, et s'évanouit sans laisser de traces : car si elle subsistait quelque part recueillie en elle-même et délivrée de tous les maux dont tu nous as fait le tableau , il y aurait une

iio NOTES.

grande et belle espérance, ô Socrate, que tout ce que tu as dit se réalise ; mais que l'ame survive à la mort de l'homme , qu'elle conserve l'activité et la pensée, voilà ce qui a peut-être besoin d'explication et de preuves.

Tu dis vrai , Cébès , reprit Socrate ; mais comment térons-nous ? Veux- tu que nous examinions dans cette conversation si cela est vraisemblable, ou si cela ne l'est pas ?

Je prendrai un très- grand plaisir, répondit Cébès, à entendre ce que tu penses sur cette matière.

Je ne pense pas au moins , reprit Socrate , que si quelqu'un nous entendait, fut-ce un faiseur de comédies , il pût me reprocher que je badine , et que je parle de choses qui ne me regardent pas *. Si

* Allusiou à un reproche d'Eupolis. poète comique. ( Olymp. ad Phcedon. ; Proclus . ad Pannenidem, iîb. [, p. 5o, cdit. Parisiens, t. IV. '

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