‹ La mort du Connétable de Bourbon; tragédie en cinq actesChapitre 18 sur 51 · POMPER AN · texte numérisé non relu

POMPER AN

D'un silence trop long souffrez que je m'étonne. Feindre avec Pomperan !

BOURBON

Ali ! cher ami , pardonne.

J'ai causé ton malheur, fallait-il le doubler? Du poids de mes ennuis fallait-il t'accabler? Je te parle aujourd'hui que renaît l'espérance.

POMPERAIS.

Mais, seigneur, dites-moi, reverrons-nousla France?

BOURBON

Oui, nous la reverrons , je suis encor Français.

POMPERAN.

Nous fléchirons le roi ; nos pleurs....

BOURBON

Ce sont des faits Qui de mon repentir lui rendront témoignage, Et de notre pardon je ne veux d'autre gage Que ce qu'il me devra quand je l'aurai servi. Par ma fuite un seul homme à François fut ravi,

Je lui donne un royaume et venge sa défaite. Charles, Louis, François ont pour cette conquête, Pendant plus de trente ans d'inutiles efforts, Prodigué vainement leur sang et leurs trésors. C'est peu d'être vaillant , il faut que du courage

3o LE CONNÉTABLE DE BOURBON.

La froide politique affermisse l'ouvrage. Rome livre aujourd'hui l'Italie en mes mains, Et pour la conserver j'ai des moyens certains. J'y mets un ordre tel que le roi, comme en France, Ne trouvera partout qu'amour, obéissance.

POMPERAN.

Lannoi, puis Salvini, portent vers vous leurs pas.

BOURBOIS.

Je sais ce qu'ils vont dire et je ne les crains pas.

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