LAN N
Dans vos prétextes vains il faudrait plus d'adresse. Est-ce vous qui parlez, vous, Bourbon, malheureux !
Qui , seul et dépourvu, sans abri sous les cieux , Fugitif et proscrit, devez tout à mon maître!
BOURBON
Oui , je lui dois les noms de parjure et de traître ! Malheur, malheur à vous qui me le rappelez !
S AL VIN I
Quels sont donc vos desseins, prince illustre, parlez. Jusqu'où prétendez-vous pousser votre entreprise?
LOURBON.
Entre mes mains il faut que Rome soit remise. Tout sera respecté, je réponds des soldats ; Mais si vous me forciez à tenter les combats, Je ne pourrais soustraire à des malheurs terribles Le pape que j'honore et vos bourgeois paisibles.
SALVIN1.
Seigneur, s'il le pouvait sans trahir son devoir,
Le Saint-Père en vos mains remettrait le pouvoir;
Mais sur Rome et l'Église établi par Dieu même,
Il ne peut rejeter le poids du diadème,
Et, pasteur dévoué d'un fidèle troupeau,
Il doit en éloigner avec un soin nouveau
Le monstre menaçant qui , dans la Germanie ,
Répand le noir poison d'une affreuse hérésie.
De son venin subtil vos soldats infectés
Loin de Rome, seigneur, doivent être écartés.
Un fils de saint Louis pourrait-il se complaire