BOURBON , LA PRINCESSE
LA PRINCESSE
Cet amour, ces transports, cette arde ur sans pareille N'étaient-ils que des mots faits pour flatter l'oreille? Prince, qu'est devenu ce grand empressement? Tantôt vous vous plaigniez de mon éloignement, Et je ne puis vous voir, je ne puis vous entendre , Et c'est moi qui vous cherche ! à quoi dois-je m'attendre ? Suis-je donc condamnée à des pleurs éternels?
BOURBON
Madame , épargnez-moi ces reproches cruels ; Cessez de m'accabler quand je ne suis qu'à plaindre. Ayez pitié d'un coeur forcé de se contraindre, Qui veut n'être qu'à vous, mais qu'un sort rigoureux Condamne à mille soins contraires à ses feux. 11 faut que malgré moi je m'immole moi-même , Yictime de mon rang et du pouvoir suprême.