POMPEE. AN
Contre vous cependant il soulève l'armée.
BOUBBON.
Tu verras la révolte aisément réprimée; Salvini tombera quand il en sera temps. Jusque-là qu'il intrigue auprès des mécontens; Que de tous mes soldats il fasse ses complices ; Je suis las de les voir, au gré de leurs caprices, Entraver mes desseins, et, toujours insoumis, Me coûter plus d'efforts que tous nos ennemis. Je veux me délivrer de cette dépendance. Laissons leur avarice et leur imprévoyance Contre leur général ourdir un noir complot. Je veux à la raison les ramener bientôt, Exciter en leur cœur le remords et la honte , Les avoir à mes pieds; je l'espère et j'y compte. Un pardon qu'ils seront trop heureux d'obtenir, Abaissant leur orgueil , sera pour l'avenir De leur obéissance et le prix et le gage.
POMPERAN.
Dans le parti douteux que prend votre courage, Je vois mille dangers.
BOURBON
11 faut les dédaigner.
Je risque peu de chose et c'est pour tout gagner. D'ailleurs de toutes parts au-dessus de nos têtes Ne vois-tu pas, ami, s'amasser des tempêtes? Si Rome m'arrêtait seulement quelques jours , Et si ce peuple enfin, à l'abri de ses tours, Excite, réveillé par les cris de ses prêtres, Se montrait un instant dicne de ses ancêtres; Nous venons attaquer, mais dans ces mêmes lieux , Nous-mêmes entourés d'ennemis plus nombreux, Nous verrions nos soldats, réduits à se défendre, Malgré tous nos efforts, fuir peut-être ou se rendre. Il faut vaincre aujourd'hui, sinon périr demain. Oui, nous réussirons, mais par un coup de main Qui demandera plus qu'un courage ordinaire ; Et, pour donner aux miens cet élan nécessaire? J'ai besoin de leur faute et de leur repentir. Ainsi mes ennemis, croyant m'anéantir, M'ont offert les moyens d'une prompte victoire , Et j'en ai profité. Leur triomphe illusoire, Leurs succèsprétendus, crois-moi, serontbien courts.