‹ La mort du Connétable de Bourbon; tragédie en cinq actesChapitre 35 sur 51 · BOURBON, SALVINI · texte numérisé non relu

BOURBON, SALVINI

BOURBON

De vos préventions et de votre imprudence Avec douleur j'ai vu la triste conséquence. Oui , Rome se perdait en osant me braver; J'en ai pitié , seigneur, et je veux la sauver. De ce que vous m'offrez ma bonté se contente ; Je vous donne la paix.

SALVINI

Rome, fière et constante, En la bonté du ciel a mis tout son espoir,

Et de ses ennemis ne veut rien recevoir. Nous désirons la paix sans redouter la guerre. Ce matin , dédaignant les offres du Saint-Père , Vous avez méconnu sa générosité.

Clément, de vos mépris justement irrité, Arrête ses bienfaits tout prêts à se répandre ; Qui les a méprisés ne doit plus y prétendre. Seigneur, si vous voulez la paix de bonne foi, Acceptez le traité qu'avait conclu Lannoi.

BOURBON (montrant son épée).

J'irai porter bientôt ma réponse à ton maître.

SALVINI

Seigneur, en refusant vous vous perdez peut-être.

BOURBON

Mes soldats à l'assaut vont marcher sur mes pas.

SALVINI

Vous n'êtes plus leur maître, ils ne vous suivront pas.

BOURBON (saisissant le bras de Salvini et tirant son poignai-d).

Je suis encore au moins le maître de ta vie, Et je puis dans ton sang punir ta perfidie.

SALVINI

D'un lâche assassinat Bourbon veut se souiller!

Je suis ambassadeur; craignez de violer

Tout ce qu'ont de plus saint et le ciel et la terre.

BOURBON

En tous temps, en tous lieux, par les lois de la guerre,

Page 1