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plus étroit était en bordure de la rue d'Anjou, la fosse du Roi avait été creusée dans Tangle nord-ouest de ce terrain, à six pieds du mur environ ^
Cette fosse avait douze pieds de profondeur-, et aussitôt que le corps eut été apporté, les ouvriers y disposèrent un lit de chaux vive.
Enlevé en môme temps de la corbeille où il était placé, le cadavre fut déposé dans une bière en bois, sans couvercle. « On lui mit la tête entre les jambes », dit un témoin''.
(( Faisant faire alors le plus grand silence,
raconte Tabbé Renard, nous psalmodiâmes
les vêpres, l'abbé Damoreau et moi, et récitâmes toutes les prières usitées pour le service des morts ; et, je dois dire la vérité, cette même populace, qui naguère faisait retentir l'air de ses vociférations, entendit les
^ Beauchcsne, loc. cit.
- Décision du Conseil exécutif provisoire, du 20 janvier 1793. (Beaucourl, t. II, p. 267.)
•'DépositiondcDomiiiique-EmmanuelDanjou,le22 mai 181.4. {Moniteur du 21 janvier i8i5.)
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prières faites pour le repos de Tàme de Sa Majesté avec le silence le plus religieux ». Puis le cercueil précipité au fond de la fosse, « il fut recouvert d'un autre lit de chaux vive, d'un lit de terre, le tout fortement battu à plusieurs reprises' ». Un récit rapporte qu'outre la chaux, « on répandit sur le corps plusieurs bouteilles d'eau forte » -.
Immédiatement après la cérémonie, deux actes étaient dressés :
i" Un procès-verbal de rinhumation, signé des deux administrateurs du Département, et des abbés Picavez, Renard et Damoreau ^ ;
2° Un acte mortuaire de Louis Gapet, transcrit sur le registre de l'église, au retour du cimetière, « registre qui fut enlevé par les membres du Comité révolutionnaire lors delà clôture de cette église^ ».
^ Duposilion de l'abbé Renard, le 22 mai 1814. {yionitcur du 21 janvier 181 5.)
- G. Duval, Souvenirs de la terreur, t. I, p. 79.
•^ Beaucourt, t. II, p. 3i3-3i4.
* Déposition de l'abbé Renard, le 22 mai 1814. {Moniteur
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Le 1 1 décembre, le jour même où le Roi comparaissait pour la première fois devant la Convention, le sieur Merland, chirurgien aide-major à l'hôpital militaire ambulant de Sainte-Marie, au camp de Meaux, avait demandé par lettre à la Convention « de lui donner la tête de Capet, sur le point de tomber pour le bonheur de l'humanité, afin de la faire sécher et de graver dessus les inscriptions les plus propres à témoigner au peuple toute l'horreur qu'il doit avoir pour de telles monstruosités ' ! »
Mais, en revanche, le jour même de l'exécution du Roi, un homme, un vieillard, était sorti de chez lui dès le matin. Il avait trouvé les rues encombrées de gens armés. Menacé
du 21 janvier i8i5.) — On ne dressa que le i8 mars 1798 r « acte de décès de Louis Capet, du 21 janvier dernier, 10 heures 'in minutes du malin. Profession : dernier Roy des Français, âgé de trente-neuf ans, natif de Versailles, paroisse Notre-Dame, domicilié à Paris, tour du Temple... » (Beaucourt, t. II, p. 322-323.)
^ Lettre du sieur Merland, du 11 décembre 1792. (Arch. nat., AA 53, n° i486.)
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d'arrestation immédiate, comme tous ceux qui ne pouvaient justifier de leur qualité de (( défenseurs de l'ordre », il s'était procuré une pique, et se mêlant à la garde nationale qui entourait la Convention, était parvenu, dès l'ouverture de la séance, à lo heures du matin, à s'introduire dans la salle. Là, tout de suite, il avait déposé sur le bureau une pétition \ Et sait-on ce qu'elle contenait, cette pétition? La demande que la Convention lui délivrât à lui, Benoît Leduc, le corps de Louis Capet, décapité.
« Représentants, disait le papier, Benoît- Louis Leduc prie la Convention nationale de lui permettre de rendre à Louis Capet les honneurs de la sépulture, qu'il est de la dignité de la Convention de lui accorder, et lui demande en conséquence d'ordonner que le corps de Louis Capet lui soit livré, pour le
^ Récit fait par Benoît Leduc à la baronne Guénard de Méré, qui l'a rapporté dans Les augustes victimes du Temple, t. III, p. iSg et suivantes.
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transférer à Sens et le déposer auprès de son père* ».
Or quel était ce Benoît Leduc ? Un ancien prieur de Saint-Martin-des-Ghanips et l'oncle propre du roi Louis XVI î Fils naturel de Louis XV et de M"'^ de Cabanac-, jugeant d'abord ce titre insuffisant à justifier la faveur qu'il prétendait, il avait été la veille trouver le prince de Conti, qui était encore libre à Paris, et Tavait encouragé à réclamer la dépouille mortelle de son cousin. Sur le refus craintif de celui-ci, il avait alors tenté sa démarche, non sans courage. 11 n'en attendit pas longtemps le résultat. Séance tenante, la Convention passait à Tordre du jour, déclarant seulement ratifier les décisions prises la veille par le Conseil exécutif provisoire, au sujet de l'inhumation de Louis Capet.
Il était réservé à un autre de jouer le rôle
^ Archives parlementaires, \. LVII, p. 5i5. - Jean-Louis Soulavie, Mémoires historiques et politiques du règne de Louis XVI, Paris, an X, t. YI, p. 5i8.
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de Joseph d'Arimathie dans la passion qui s'achevait. Et c'est au cimetière même de la Madeleine, nous le verrons, qu'un royaliste fidèle, Pierre-Louis-OlivierDesclozeaux, devait veiller pieusement, pendant plus de vingt ans, sur les restes misérables de celui qui avait été Louis XVI !