Mort subite par apoplexie pulmonaire (3). — Un valet du
roi étant dans l’antichambre et se chauffant debout, tomba mort tout à coup aux pieds d’un camarade auquel il parlait
Autopsie. — Cerveau sain : les vaisseaux contenaient seulement plus de sang que de coutume. Le poumon droit sain adhérait à la plèvre costale. Le poumon gauche trois fois plus volumineux que le droit présentait une couleur brune et toutes ses vésicules étaient embarrassées d'un sang noir... Le cœur était très gros.
139. Mort subite par congestion pulmonaire foudroyante (4). — Un jeune homme, d’une forte constitution, dîne copieusement avec ses amis. A sa sortie de table, il entre dans une salle de bal; la chaleur étant excessive, ce jeune homme fortement excité, se livre à la valse avec fureur. Tout à coup, il tombe : il était mort.
Autopsie. — Poumons tellement engoués qu’ils ne fuient point à l’incision du thorax. Si on les presse, ils ne crépitent pas. 11
(1) Otlivier, d’Angers, Considérations méd. lég. sur les morts subites , Arcb. gén. de méd., 1838, t. I, 3e série, p. 2,9.
(2) Bonin, De la mort subite. Thèse, 1861, p. 39.
(3) Dionis, in Bonin, De la mort subite. Thèse, 186 1, p. 40.
(4) Dr Hounnann, cité par Andral, Clinique médicale. — Vernet, Des causes de la mort subite. Thèse, 1873, p. 15.
P. Brouardel.
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
semble qu’on malaxe une masse cotonneuse. Le sang ruisselle sous le scalpel. Le cœur droit est plein de sang, le gauche à peu près vide.
140. Mort subite pendant le travail de l’accouchement par congestion pulmonaire foudroyante (1). — Femme de 21 ans, arrivée au terme normal d’une première grossesse. Le travail était commencé depuis le malin. Présentation du sommet. Douleurs assez vives. Agitation nerveuse, céphalalgie, pouls fréquent. Le soir, vers 5 heures, elle fut prise tout à coup d’un violent accès de suffocation suivi de perte de connaissance, et elle s’affaissa sans avoir poussé un seul cri, sans avoir fait un seul mouvement, sans avoir exprimé la moindre souffrance, mais cinq minutes ne s’étaient pas écoulées qu’elle élait morte. On acquit bientôt la certitude que l’enfant avait également succombé.
Autopsie. — Depuis la mort, du sang à demi coagulé s’est échappé par les deux narines et la bouche.
Cœur peu volumineux, basque et de consistance molle.
Les deux poumons sont tout entiers comme splénifiés et le siège d'une congestion sanguine générale avec épanchement. La pression ne détermine qu’une crépitation très obscure. Un morceau de parenchyme jeté dans l’eau surnage avec peine. De toutes les surfaces incisées, la pression ne fait suinter que du sang liquide ou coagulé, non spumeux, lequel semble extravasé sous forme de très petits foyers disséminés à l’infini.
La conclusion fut que celte mort si soudaine et si imprévue eut pour cause non équivoque la congestion subite avec extravasation immédiate du sang dans toute l’étendue des deux poumons, sorte d’apoplexie foudroyante, qui a dû déterminer instantanément la mort par une véritable asphyxie que rien ne pouvait faire prévoir.
141. Mort rapide par congestion pulmonaire foudroyante dans le rhumatisme articulaire aigu (2). — Homme de 38 ans, ayant toujours joui d’une bonne santé. Première attaque de rhumatisme articulaire aigu peu intense. Ce rhumatisme semblait devoir suivre une marche naturelle, lorsqu’un soir vers 9 heures, le malade accusa tout à coup un peu de chaleur, d’embarras dans les deux côtés de la poitrine, la respiration devint plus difficile et il lui semblait que l’air allait lui manquer. Ces symptômes s’accroissent rapidement. La respiration est de plus en plus pénible. Orthopnée.
(1) Dr Devilliers, Revue méd., 1853. — Lamy, De la mort subite des femmes en couches, Thèse, 1873.
(*2) Houdé, Essai sur ta congestion pulmonaire comme complication du rhumatisme articulaire aigu, Thèse, 1 80 1 , p. 17.