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MORT SUBITE PAR CONGESTION PULMONAIRE

Face rouge, vul tueuse. Battements du cœur tumultueux irréguliers, pouls de plus en plus faible. Point d’expectoration. A l’auscultation quelques râles sibilants, fins et disséminés. Respiration bronclii jue. A la percussion, submatité des deux côtés. Intelligence intacte. Quelques soubresauts des tendons des muscles des avant-bras. Le pouls se ralentit. Les extrémités se refroidissent et le malade succombe une heure après le début des accidents.

Autopsie. — Les poumons semblent à l’étroit dans la cage thoracique, volumineux, d’un rouge vio'acé lie de vin dans toute leur étendue. Mise dans l’eau, aucune partie du poumon ne gagne le fond, mais elle n’est pas complètement submergée.

Rien au cœur ni dans l’artère pulmonaire.

142. Mort subite. Congestion pulmonaire. Affection ancienne des poumons. Adhérences pleurales. Dilatations bronchiques. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Ditte, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 22 avril 1884, etc.

Examen extérieur du corps le 23 avril 1884. — Le cadavre est celui d'un homme de 28 à 30 ans environ, la rigidité cadavérique a complètement disparu et la putréfaction n’est pas commencée. La figure est émaciée, les traits sont tirés et les yeux enfoncés dans les orbites. Les pupilles sont brunes.

Les cheveux, les sourcils et la barbe sont noirs. La barbe est un peu plus longue au menton.

Derrière l'oreille gauche, on remarque les traces de cicatrices récentes de sangsues.

Sur la poitrine se trouve quelques poils noirs.

La verge est très petite; le prépuce forme un phimosis très marqué. Les testicules sont peu développés.

Les poils du pubis sont noirs.

La vessie ne contient pas d’urine.

On ne remarque aucune lésion, érosion ou ecchymose, sur la peau du dos, des membres abdominaux, des bras et des avantbras.

Dans la paume de la main gauche et de la main droite il existe des durillons à la base des trois derniers doigts.

La coloration jaunâtre de l’épiderme de l’extrémité des premiers doigts de la main droite, indique que cet homme fumait assez fréquemment la cigarette.

Ouverture du corps, le 7 mai 1884. — La putréfaction est commencée.

Sous le cuir chevelu se trouve une suffusion sanguine siégeant au niveau de la fosse temporale gauche.

Les os du crâne ne sont pas fracturés.

OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES

Le cerveau esl très putréfié; il est assez volumineux; les méninges sont saines : au niveau du rocher droit il existe une suffusion sanguine à la base des méninges.

Autour des vaisseaux péri-bulbaires, il n’y a pas de suffusion sanguine.

On ne découvre aucune autre lésion dans le cerveau.

L’œsophage est sain et contient un peu de spume. La trachée est complètement vide et saine.

Le poumon gauche est complètement adhérent à la plèvre. Dans la cavité pleurale droite il n'y a n’y épanchement, ni adhérences.

11 n’y a pas d’ecchymoses sous-pleurales.

Les poumons sont très congestionnés. Ils ne contiennent pas de noyau de pneumonie. Leurs fragments, projetés dans l’eau, nagent. On ne découvre pas de tubercules granuleux ou ramollis. Les bronches du poumon gauche sont très dilatées. Leurs parois sont dures, épaisses, fibreuses. On trouve des caillots dans les veines pulmonaires des poumons.

Le péricarde est vide. Il n’y a pas d’ecchymoses sous-péricardiques. Le cœur est gros. Les valvules sont saines. Le ventricule droit contient un caillot de sang mou et rouge. Le sang qui se trouve dans les artères pulmonaires est liquide. Il s’écoule de l’aorte du sang liquide.

L’estomac renferme 30 à 40 grammes de bile.

Les veines du foie contiennent du sang coagulé. Dans la vésicule biliaire il existe une assez grande quantité de petits graviers.

La rate est saine.

Les reins se décortiquent très bien, la substance corticale est atrophiée.

Les intestins contiennent des gaz et paraissent sains.

Les diverses parties du tube digestif ont été placées dans des bocaux clans le cas où une analyse chimique serait jugée nécessaire.

Conclusions. — 1° Il n’existe aucune trace de violences sur les différentes parties du corps.

2° La mort est le résultat d’une congestion pulmonaire intense survenue dans des poumons depuis longtemps malades. (Pleurésie gauche ancienne caractérisée par les adhérences pleurales. Dégénérescence fibreuse des parois bronchiques. Dilatation des bronches. Dilatation des cavités du cœur.)

143. Mort subite. Catarrhe suffocant. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par j\L Feuilloley, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 15 décembre 1882, etc.

Le cadavre est celui d’un homme de 37 à 38 ans, grand et pa-

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