Mort subite par contusion du rein
209. Mort rapide, dix-huit mois après l’accident, dans le cours d’un ictère grave (observation de MM. P. Brouardel et E. Hirtz). — M. R. M..., âgé de 13 ans, de complexion délicate, et d’apparence chétive, reçoit d’un de ses camarades de classe un fort coup d’épaule. L’enfant va rouler contre une caisse, et le flanc gauche porte violemment sur une arête vive. Le soir même il éprouva une douleur intense, et il urina, quelques heures après l’accident, une quantité assez considérable de sang. La douleur se calma à la suite de l'application de quelques ventouses scarifiées.
Les urines du lendemain matin sont peu abondantes, et laissent déposer une notable proportion de sang pur qui se collecte sous forme de caillot noir.
L’enfant n’a pas de fièvre, il a toute son intelligence ; la région rénale est douloureuse à la pression.
Dans la soirée, il tombe rapidement dans une somnolence que rien ne peut vaincre, puis une heure après, dans une sorte d’état sub-comateux — respiration inégale, pupilles rétractées, langue sèche — pas d’élévation de la température. Les urines sont presque supprimées. Effrayée, la famille demande M. Brouardel, qui juge l’état alarmant, prescrit, en face de ces phénomènes qu’il considère comme de nature urémique, une nouvelle application de ventouses scarifiées, et le régime lacté exclusif; un lavement purgatif pour le soir même.
Dans la nuit, l’enfant revient à lui, rend environ o00 grammes d’urine encore teintée et franchement sanguinolente. Les jours suivants, le sang disparaît, les urines sont claires et abondantes, mais renferment pendant huit jours encore de l'albumine. Au bout de quinze jours le jeune M... retourne au lycée.
Dix-huit mois après l’accident, se trouvant à la campagne, il est pris d’un ictère qui pendant huit jours aies allures d’un ictère catarrhal bénin, et qui brutalement s’aggrave; l’enfant succombe dans un état typhoïde, le quatorzième jour.
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES