X. — MORT SUBITE DANS L’ALCOOLISME
218. Mort subite dans le décours de la pneumonie chez un alcoolique (4). — Homme de 08 ans, fort, vigoureux, présentant quelques phénomènes d’alcoolisme. Pneumonie du côté droit, occupant les deux tiers supérieurs du poumon : douleur de côté, toux, expectoration visqueuse, verdâtre et transparente. Température oscillant entre 38° et 39°. Fièvre modérée. 90-100 pulsations. Le pronostic paraissait favorable. Le cœur était sain. Pas de délire. Telle était la situation, quand la nuit suivante, le malade fut pris d’un peu de délire, délire fugace, qui cessa le matin. La journée resta bonne, mais la nuit suivante le délire réapparut toujours peu intense, puis tout à coup le malade eut un léger étouffement et succomba instantanément sans autre symptôme.
Autopsie. — Pneumonie des lobes inférieur et supérieur du poumon droit. Intégrité du lobe moyen. La maladie était envoie de résolution au sommet, tandis qu’en bas elle était en voie de purulence.
Cœur. — Myocardite granulo-graisseuse très prononcée, stéatose, coloration jaune feuille morte.
Le foie présentait aussi une dégénérescence graisseuse et lesreins un commencement de néphrite parenchymateuse.
La muqueuse stomacale était le siège d’une gastrite chronique d’origine alcoolique.
219. Mort subite en état d’ivresse, par hémorrhagie méningée (2). — P..., berger, avait fait de nombreuses libations, lorsqu’il rencontre un de ses camarades avec lequel il a une discussion. Tout à coup, au milieu de la dispute, il tombe à terre avec les symptômes d’une apoplexie comateuse, perle de la connaissance et de la parole, stertor, embarras de la respiration.... On le transporte.... Il respirait encore, mais la respiration était déjà plus embarrassée. Au bout de quelques minutes il rendait le dernier soupir.
(1) Hardy, Gaz. des hop., 1880, p. 1018.
(2) Dr Ménard (de Vitry-le-Français), Gaz. des hop., 1805, p. 130.
OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
... Le lendemain, le bruit se répandit que cet homme avait succombé à la suite de blessures faites par le camarade avec lequel il s’était disputé. La justice fut informée et l’on fit l’autopsie.
Autopsie. — Le visage et les téguments du tronc étaient d’un rouge violacé. Mais sur aucune partie du corps il n’existait de traces de violences, sauf deux petites ecchymoses insignifiantes.
Les téguments du crâne ne présentaient aucune trace de violences.
Ayant alors enlevé la calotte crânienne, incisé la dure-mère de chaque côté de la ligne médiane, on a trouvé un sang noirâtre, poisseux, en partie coagulé.
Ce caillot mou, libre de toute adhérence, reposait sur la face interne de l’arachnoïde et formait une couche épaisse à la face latérale et supérieure du cerveau, des deux côtés, mais plus abondante à gauche.
Ce caillot était baigné par une sérosité sanguinolente.
Le cerveau divisé par tranches minces laissait voir par places un petit piqueté rougeâtre, mais peu prononcé.
220. Mort rapide chez un alcoolique à la suite d’une opération chirurgicale (sine materia) (1). — Homme de 40 ans, cultivateur. Bonne constitution, mais ayant abusé des boissons alcooliques. Nécrose partielle du tibia survenue à la suite d’une ostéite. Enlèvement du séquestre... L’opération paraissait avoir été faite dans d’assez bonnes conditions et semblait devoir réussir, quand le malade succomba le lendemain dans un état de prostration poussé à l’extrême, sans avoir présenté la moindre réaction.
L’autopsie ne fit constater aucune lésion capable d’expliquer une mort aussi rapide.
221. Mort à la suite d’un soufflet (hémorrhagie méningée) (2). — Un homme reçoit, étant debout, un violent soufflet derrière la tête. Immédiatement il s’assied devant une table, prononce quelques paroles inintelligibles, place sa tète sur son bras dans la position d’un homme qui veut dormir. Les assistants remarquent qu’il ronfle profondément. Au bout d’une demi-heure, l’hôtelier veut l’éveiller et constate qu’il est mort.
Autopsie. — Petite ecchymose sous le cuir chevelu, derrière la tête, os du crâne intact. La dure-mère est tout à fait saine ainsi que la pie-mère ; épanchement récent de sang occupant toute la surface du cerveau, qui, lui-même, ne présente pas de lésions. Tous les autres organes sains.
(1) Ch. Pascal, Thèse de Montpellier, 18G7, — Vincent, Des causes de la mort prompte apres les grands traumatismes accidentels et chirurgicaux. Thèse d’agrég., 1878, p‘. 373.
(2) Hiiberlein, Vierteljahrschrift , 1873, p. 175.