‹ La mort et la mort subiteChapitre 137 sur 139 · MORT SUBITE CHEZ LES ENFANTS · texte numérisé non relu

MORT SUBITE CHEZ LES ENFANTS

Autopsie. — Tous les viscères étaient sains, sauf le poumon gauche, qui présentait deux points violets de la grosseur du bout du doigt. La trachée contenait du liquide gluant, légèrement jaunâtre, semblable à celui contenu dans l’estomac (l’enfant avait bu de l’eau sucrée un moment avant l’accident). Ce liquide avait dù s’introduire dans la trachée pendant l’inspiration désordonnée causée par la menace du malheureux père.

228. Mort subite chez un enfant par ramollissement cérébral (l). — Un enfant de 8 ans et demi, chagrin et maussade depuis quelques jours, assez peu malade du reste et n’offrant depuis cinq jours, comme symptôme dominant, qu’une céphalalgie d’une intensité médiocre, soupe, le sixième jour de son indisposition, à 9 heures du soir.

Une heure après, cet enfant est saisi de deux ou trois mouvements convulsifs et meurt subitement.

Autopsie. — On trouve un ramollissement du fornix et du septum lucidum tel, que la sérosité méningienne, forçant tout à coup cette paroi altérée, avait dû occasionner la mort immédiate, en faisant irruption dans le ventricule.

229. Mort rapide et suspecte chez un enfant de cinq mois. Suspicion d’intoxication par l’éther. Bronchite purulente. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Dupont, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 20 juillet 1880, etc.

Aspect extérieur. — Le cadavre est celui d’un enfant du sexe masculin, âgé de cinq mois, pesant 4700 grammes, et mesurant 64 centimètres de long.

La putréfaction est à peine commencée et se traduit seulement par une légère coloration verle de l’abdomen.

Le corps est en très bon état; la peau est doublée d’un panicule adipeux abondant, elle ne présente pas d’éruptions.

On remarque à la face, groupées autour des lèvres, une vingtaine de petites taches parcheminées, arrondies, avec érosion superficielle de la peau, semblant résulter du contact de gouttelettes d'un liquide légèrement corrosif.

Ces érosions sont disséminées autour de la bouche et du nez. Les lèvres, les gencives et l’intérieur de la bouche sont intacts.

Les membres inférieurs sont un peu œdémateux.

11 n’existe pas de traces de violences sur le corps.

Autopsie. — Les os du crâne ne sont pas fracturés.

Les sinus sont gorgés de sang. La pie-mère est congestionnée *

(1) Churchill, Dublin quciterly journal , 185G. — Piiian-Dufeillay, Sur la mort subite dans l’enfance causée par les troubles du système nerveux..

Thèse de Paris, 1861.

OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES

les ventricules cérébraux ne contiennent pas de liquide; la substance cérébrale ne présente pas de lésions appréciables.

On ne rencontre nulle part de traces de tubercules. Le larynx, la trachée et les bronches contiennent une quantité considérable de liquide purulent. — Les poumons ne présentent pas d’ecchymoses sous-pleurales ; on remarque à leur surface de larges plaques de coloration verte. Ces organes sont très congestionnés, mais sans œdème ; ils surnagent dans l’eau. — Les ganglions péribronchiques ne sont pas hypertrophiés.

Le péricarde renferme un peu de liquide. Le cœur ne présente pas d’ecchymoses sous-péricardiques ; ses cavités droites renferment un peu de sang liquide; ses cavités gauches sont vides.

Les parois de l’estomac sont ramollies par autodigestion ; cet organe ne présente d’ailleurs pas d’autres lésions.

Les intestins ne présentent pas de psorentérie, ni aucune autre lésion.

Le foie est pâle, de volume normal.

Les reins sont sains.

Les divers organes et notamment les poumons, le foie et le cerveau, n’exhalaient pas d’odeur éthérée.

Le point d’ossification de l’extrémité inférieure du fémur mesure 6 millimètres environ.

Conclusions. — 1° Le jeune Louis B... était atteint d’une bronchite généralisée, purulente, datant par conséquent de plusieurs jours ;

2° Chez les jeunes enfants cette bronchite prend souvent la forme suffocante et suffit pour déterminer la mort;

3° Les érosions groupées autour des lèvres proviennent du contact d’un liquide irritant ; des gouttes d’éther peuvent les avoir produites;

4° L’état du cadavre indique que pendant sa vie, cet enfant a reçu des soins et qu’en particulier son alimentation a été suffisante.

230. Mort rapide et suspecte d’un enfant de dix mois. Présomption d’homicide. Tuberculisation pulmonaire. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Ditte, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 26 novembre 1884, etc.

Aspect extérieur. — Le cadavre est celui d’un jeune enfant du sexe masculin, âgé de dix mois. La putréfaction n’est pas commencée.

Le corps est parfaitement propre, il n’y a pas de traces d’érythème au pourtour de l’anus ni dans les plis inguinaux.

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