‹ La mort et la mort subiteChapitre 36 sur 139 · IX. — DE LA MORT SUBITE PAR HÉMOPHILIE · texte numérisé non relu

IX. — DE LA MORT SUBITE PAR HÉMOPHILIE

Messieurs,

J’arrive maintenant à la mort subite et suspecte due aux altérations humorales : je comprends sous cette dénomination un peu élastique l’hémophilie, le diabète, l’urémie et l’alcoolisme.

L'hémophilie est une affection rare et par cela même elle ne donne pas lieu souvent à une intervention médico-légale. Mais quand il est obligé d’intervenir, le médecin légiste pourra se heurter à de très grosses difficultés.

Il y a des hémophiles isolés et il y a des familles d’hémophiles. Lorsque chez l’un de ces individus un vaisseau capillaire s’est ouvert il est presque impossible d’arrêter l’hémorrhagie. Lorsqu’un homme meurt d’hémorrhagie et que cet homme est un hémophilique, aurait-on pu arrêter l’hémorrhagie? Vous voyez immédiatement se dessiner la question de responsabilité : responsabilité du pharmacien chez lequel on a porté l’individu qui venait de perdre connaissance, responsabilité du médecin qui a été appelé à donner les premiers soins. Les exemples que je vais vous citer, Messieurs, permettront, je pense, de vous former une opinion.

Il y a une trentaine d’années, un jeune homme de quatorze à quinze ans, dont ni le père, ni la mère n’étaient hémophiliques, tombe dans la rue de l’Odéon et se fend la lèvre, une hémorrhagie se produit. On transporte l’enfant chez ses parents, qui habitaient dans la même rue et qui me font chercher. Malgré mes efforts continués longtemps, il me fut impossible d’arrêter l’hémorrhagie ; je fis appeler mon

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