OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
L’amygdale, du côté gauche, présente dans l’épaisseur de la muqueuse plusieurs petites tumeurs du volume d’un grain de chènevis.
La muqueuse de la bouche, sur la paroi gauche, offre des cicatrices superficielles de lésions anciennes. Le bord supérieur de la luette présente aussi une petite ulcération cicatrisée.
Les poumons sont entièrement congestionnés surtout à la base; ils ne contiennent pas, cependant, de noyaux apoplectiques. Aux sommets, on trouve quelques tubercules sans ulcération du tissu pulmonaire.
Le cœur renferme un peu de sang noir et liquide. La valvule tricuspide est un peu élargie; les autres orifices sont sains. L’origine de l’aorte est très athéromateuse.
L’œsophage est sain, sa muqueuse ne montre ni ulcération, ni rougeur. L’estomac contient 50 grammes d’un liquide faiblement acide, de couleur gris ardoise. La muqueuse est uniformément rouge et extrêmement injectée avec pointillé hémorrhagique en quelques endroits.
Les intestins n’offrent pas de lésions, les vaisseaux mésentériques sont injectés.
Le foie est volumineux et un peu dur ; l’examen histologique montre que son tissu contient une quantité un peu considérable de tissu conjonctif périlobulaire, non encore complètement organisé. La vésicule biliaire ne contient pas de calculs.
Les reins sont très injectés ; la décortication de la capsule entraîne une petite quantité du parenchyme. — Au microscope on note, outre la réplétion considérable des vaisseaux sanguins avec issue des globules rouges dans le parenchyme, une prolifération marquée du tissu conjonctif dans la substance corticale.
Les autres organes abdominaux ne présentent pas d’altérations pathologiques.
Conclusions. — 1° Le sieur P. était atteint d’une tumeur cérébrale ancienne, siégeant au niveau du plancher du 4e ventricule près du point décrit sous le nom de nœud vital.
Cette lésion l’exposait d’une façon imminente à une mort subite.
2° Un accident sans aucune gravité a provoqué un trouble circulatoire de l’encéphale qui a fourni l’appoint nécessaire, étant donnée la tumeur, pour déterminer la mort.
3° La contusion qui a laissé des traces sur le corps de P. était incapable de produire une lésion grave chez un individu qui n’aurait pas été comme lui voué à une mort imminente et subite par le développement d’une tumeur cérébrale.