‹ La mort et la mort subiteChapitre 82 sur 139 · Suffocation apoplectique. Hémorrhagie cérébrale · texte numérisé non relu

Suffocation apoplectique. Hémorrhagie cérébrale

94. Mort subite par hémorrhagie cérébrale déterminée par des piqûres d’abeilles (1). — Une vieille mendiante de 63 ans fut vue un malin parcourant un village. On la vit déjeuner sur les 10 heures et, dans l’après-midi, elle fut trouvée étendue sans mouvement sur le côté latéral gauche, à 9 à 10 pieds d’une clôture où se trouvait une ruche d’abeilles renversée. Elle était morLe. II n’y avait aucune trace de violence extérieure. Toutefois la face, les parties latérales du cou, le pavillon des oreilles et la peau du crâne sont le siège d’innombrables piqûres d’abeilles, et quelques-unes de ces diptères se trouvent mortes dans les cheveux.

Autopsie. — Injection rouge des méninges et de la masse encéphalique. Épanchement considérable de sang liquide très clair et rouge dans l’arachnoïde et les ventricules du cerveau.

Le ventricule et l’oreillette droite du cœur sont aussi remplis de sang analogue, tandis que les cavités opposées sont presque vides.

Les poumons étaient décolorés, exsangues.

L’estomac et les intestins ne contenaient qu’une faible quantité de matières alimentaires.

La conclusion fut que cette femme avait succombé à une hémorrhagie cérébrale déterminée par les innombrables piqûres d’abeilles. Il est probable que, voulant prendre du miel dans le panier, celui-ci se renversa, l’essaim sortit et attaqua vivement cette femme, qui tomba bientôt sous les piqûres des abeilles révoltées, et succomba peu de temps après.

95. Suffocation apoplectique. Pénétration des matières stomacales dans les voies respiratoires. Strangulation accidentelle par une cravate (2). — Un homme de 2o ans, après un repas très copieux, se couche horizontalement et s’endort dans une écurie. Deux heures après on le trouve mort. Comme on avait remarqué un sillon autour du cou, l’autopsie est ordonnée et pratiquée au bout de deux jours.

Le sillon parcheminé correspondait exactement par son siège et sa direction au col de la chemise et à la cravate qui étaient très serrés.

Le cuir chevelu, les os du crâne, les méninges sont extrêmement congestionnés, ainsi que toutes les parties de l’encéphale. Les poumons, adhérents dans toute leur étendue, contiennent

(1) Dr Casares, Siglo medico, n° 3G1, et Union médicale , 1 SG 1 , t. IX, 2e série, p. 36G.

(2) Bchrend, Vier tel jahrschrift für æff. Med., 1873, t. XVIII, p. 4G.

OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES

beaucoup de sang et d’écume. Autres organes intacts. Matières alimentaires dans le pharynx, le larynx et la trachée, dans la bronche droite et ses ramifications dans le lobe supérieur du poumon.

L’auteur explique ainsi la mort : L’estomac était rempli par une masse très copieuse d’aliments ; la circulation sanguine déjà gênée par ce fait, l’a été beaucoup plus en raison de la constriclion exercée par les vêtements trop étroits sur le cou, et delà position déclive de la tête. Le retour du sang venant de l’encéphale n’a pu s’effectuer; il en est résulté une très forte congestion cérébrale qui a amené des vomissements, lesquels ont occasionné la pénétration des matières alimentaires dans la trachée et les voies respiratoires.

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