‹ La mort et la mort subiteChapitre 88 sur 139 · MORT SUBITE PAR INHIBITION ET ÉMOTION · texte numérisé non relu

MORT SUBITE PAR INHIBITION ET ÉMOTION

Dans le cas qui nous est soumis, cependant, les faits de ce genre étant relativement rares, le nommé P... ne pouvait pas se rendre compte de la gravité de son action; il ne pouvait surtout en prévoir l'issue mortelle.

114. Mort subite causée par la frayeur d'une opération de la taille (1). — M. D. médecin vétérinaire, âgé de 60 ans, d’une bonne constitution, d’une grande force morale, souffrait beaucoup de la vessie depuis un an, rendait des urines purulentes, avait beaucoup maigri et pouvait à peine marcher. Il existait des calculs dans la vessie. La litholrilie ayant éLé jugée impossible, à cause des spasmes violents que provoquait le contact des instruments avec la muqueuse urétrale,- la taille fut décidée. Le malade l’accepta résolument malgré ses répugnances, car il savait très bien les dangers auxquels il s’exposait en acceptant ce mode opératoire...

Conséquemment, le malade fut placé, fut contenu par des aides et le chirurgien allait introduire le cathéter dans l’urètre, quand M. D..., que l’on venait devoir calme et serein en présence des préparatifs de l’opération, pâlit subitement, s’affaissa, perdit connaissance, n’eut plus de pouls et mourut 10 minutes après

115. Mort subite par congestion cérébrale déterminée par une vive émotion (2). — Un prisonnier militaire, âgé d’environ 25 ans, d’un esprit inquiet, ombrageux et timoré, était entré au Val-de-Gràce pour une indisposition. Une note détaillée, adressée en même temps que le malade par le médecin de la prison, avait beaucoup fixé son attention, parce qu’il craignait qu’elle ne renfermât des renseignements fâcheux sur son compte. Ne sachant pas lire, il avait été obligé de s’en fier à ses camarades pour ce qu’elle contenait, et sa frayeur d’être renvoyé à la prison était grande, lorsque vint le moment de la visite. M. Marchai, qui lui avait déjà donné des soins, le reconnut et se mit à lire la note explicative. Le malade était sur son séant et le regardait avec crainte; au même instant, il fit entendre une inspiration sibilante et se renversa en arrière; il était mort, et tous les moyens employés pour le ranimer furent sans résultat.

Autopsie. — On trouva les vaisseaux des méninges cérébrales gorgés de sang. Aucune autre lésion ne pouvait rendre compte de la mort.

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