‹ La mort par la décapitationChapitre 32 sur 59 · CHAPITRE PBEMIRR · texte numérisé non relu

CHAPITRE PBEMIRR

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plutôt les observations recueilJies par un des physiologistes les plus autorisés, M. Frithiof liolm'^ren professeur à l'Université d'Upsal : nous verrons nue parlois la tête des décapités ne demeure pas complètement immobile.

M. Holmgren a voulu savoir ce qu'il fallait sérieusement penser au sujet des croyances populaires relatives a la survie de la conscience chez les décapités Pour posséder des renseignements précis, le savant physiologiste suédois a employé le seul moyen possible : il est allé se placer à côté du bourreau et il a examiné la tête du supplicié aussitôt après la section du cou. Et ce n'est pas une fois, c'est cinq fois qu'il a regardé la hache s'abattre sur la nuque du condamné, qu'il a cherché à saisir le passage de vie à trépas et a découvrir les dernières traces de vitalité M . Holmgren a publié chaque fois les résultats de son pénible et minutieux examen : il a pu tirer ainsi des conclusions de la plus haute valeur, des conclusions dont nous devrons bien souvent nous inspirer au cours de cette étude. Mais prenons tout d'abord connaissance de ses observations. Voici la première :

Mon assistant M. Ivar Lundberg, et moi, nous avions, après entente avec e bourreau, obtenu une place très rapprochée derrière le billot ; nous pouvions ainsi observer de très près La cérémonie préparatoire fut écœurante : elle était bien faite pour modifier notre puissance d'observation. Entouré d'un public en rumeur, je n'avais qu'une simple montre à secondes pour taire mes recherches : aussi ne faudrait-il pas attendre ici une précision analogue à celle qu'on réalise dans les laboratoires.

Le supplicié reçut le coup avec le plus grand calme: si jamais la conscience peut se conserver intacte jusqu'au moment de l'exécution, c'était certainement dans ce cas-ci. Le condamné se plaça lui-même sur le billot, la jambe gauche un peu étendue, la droite llécbie. Au moment où le cou toucha le billot, le patient étendit la jambcr droite, de sorte que le corps était complètement couclié à plat. Est-ce à la suite d'une syncope qu'il prit cette position ? Je n'en sais rien.

LA TÉTE DES DÉCAI'ITÉS

• cfor^t In t^fp fut tranchée d'un seul coup. Mon

T /rondamné avait refusé de se laisser couvru' les yeux d un Lndeau Tu moment où il se plaça sur le billot. Je n aurais pu l o si un endroit plus favorable P^"^ e^f"^'"^[J=^,'^ ^ 'i,^ ïace était inclinée à droite, mais néanmoins la moitié droite du

visage était facile à voir. vi^ao-P et

Te Douvais ainsi observer sans aucun obstacle le v sage e surtouUes yeux. Ceux-ci étaient tout d'abord complètement ou4i" Tes^3aupiè étaient relevées laissant Tins et lapup l e bien vis blés. Dix secondes environ après le coup, la pau- ^re supérieure s'abaissa et recouvrit à peu près le ti^^rs de a pupille : je ne saurais dire si ce changement eta t du a 1 abais sèment de la paupière ou au relèvement du globe oculaire. Je ne saurais dire non plus si l'état des yeux aussitôt après la décapitation tenait à ce que le condamné les avait ouverts au

moment oti il reçut le coup, .

Au premier moment, la pupille etaitassez contractée : mais, environ quinze secondes après, elle commença a^se dilater, puis ellerestadilatée pendant touteladureede mon observation.

Les axes des yeux étaient tout à fait parallèles ainsi que je l'ai constaté dans la perte de conscience succédant a la syncope. Au contraire, dans le sommeil naturel et protond, les pupilles contractées sont dirigées en haut et ont une direction

convergente. . , .,

Les ?eux, qui tout d'abord étaient complètement immobiles avant l'abaissement de la paupière supérieure, exécutèrent un bru'^que mouvement à droite, les pupilles se rapprochant ainsi des angles droits des orbites. Mais ils reprirent rapidement leur direction primitive. .

Pendant une minute après le coup, le visage resta partaitement calme : ensuite survinrent quelques mouvements rythmiques dans les muscles de la face. La bouche se tourna dans une direction un peu oblique à gauche. La langue, qu on pouvait observer entre les arcades dentaires, exécutait aussi des mouvements du même ordre - Les mâchoires s'ouvrirent un peu et se refermèrent plusieurs fois d'une façon rythmique. En même temps, quelques gouttes de sang noirâtre s'écoulèrent de la plaie : c'était, je crois, du sang qui, resté dans les

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Chez ce supplicié la tête a donc présenté trois ev pressions d.fférenles. Dans une première pér ode qui a dure une minute, ]e visage est resté absolumen ca me: dans une seconde phase, d'une durci Heu près égale, la face a été le siège de quelques mouvements (mouvements de l'iris, mouvements des 'lobes oculaires, mouvements des mâchoires el delalaSo^e) Eufin, dans une troisième période, la physionomie a repris son immobililé et sa tranquillité.

La deuxième observation, recueillie par M Holmgren, nous otTre un tableau à peu près identique : ■

L'an-êtde mort fut lu à huit heures environ : le condamné apparut entre e prêtre et le directeur de la prison. Le condamne marchait d'un pas ferme et montrait une physionomie presque sonnante: il avait été évidemment hienS)La e pà5 e prêtre. Les cu-cons tances étaient aussi favorables q^ue possible a nos investigations. ^ '

h l'éme où le condamné se coucha sur le billot,

a letc fu abattue d un seul coup par le bourreau Elle

omba tout près de moi. Je la saisis aussitôt par les cheveux M. Lundberg enleva rapidement le bandeau qui couvrait les paupières ; nos observations purent ainsi commencer environ cinq secondes après le coup.

La pupille était alors en état de coniraction : elle ne'commençu a se dilater qu'au bout de deux minii les. Je n'ai remai nué de mouvements ni dans les yeux, ni dans les paupièi4 : cellcs-ci étaient a demi fermées au moment de l'enlèvement du bandeau; elles restèrent ensuite dans cette position. ^ Los mouvements du visage commencèrent une minute et s arrêtèrent quatre miiiut( s après le -coup : ils durèrent donc rois minutes. La langue et les mâchoires se déplacèrent surtout du cote gauche.

Cette observation donne donc à peu près les mêmes résultats

LA TKTE DES DÉCAPITES

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I es observations suivantes sont encore plus précises el nUis r 'oureuses ; elles furent d'ailleurs recueillies da, do meilleures conditions. Au lieu d'^t- ai e surla nhce nulîliftue, l'exécution se fit dans 1 intérieur ûe fa prison M. Holmgren était en outre accompagne de serc eux assistants." L'examen du supplicié put amsi se nralinuer avec plus de détails et avec plus de netteté, n s'agissait, du reste, cette fois-ci, d'une double decapitaiion.

Le premier condamné était Os La hache tomba à 8 8^

f.pTon moil à 8" 8' 3" (selon Petterson), a 8" 8 6 (selon &.en ). La tête, détachée d'un seul conp, ro^la de noti^ ôté e s'arrêta à cinquante centimètres environ de nos pieds, e le ta couchée à Iroite avec le visa.e dinge contre nous. C'était là la position la plus favorable a l observation

Au début Quelques petits jets de sang se précipitèrent des vafsseaux Lla^ le'saag i'écoula ensuite lentement et en

^lus^ô^al^s le coup, les yeu. étalent complètement ouverts. Les pup"'lles se montrèrent contractées des instan t ou el es purent êtr^ examinées (c'est-à-dire trois secondes environ n SsTa décapitation). Au bout de vingt secondes, elles comnîencè' ent à se dilater et demeurèrent dans cet état a peu près pciidant deux minutes. Puis elles revinrent peu a peu a une contraction moyenne qu'elles conservèrent deUnitivement.

Ouarante-ciiiq secondes après le coup, les deux yeux exécutèrent un brusque mouvement de rotation en haut et a droite, les axes restant parallèles. ^ , . j

Les mouvements du visage commencèrent au bout de quarante secondes. Ils consistèrent tout d'abord en quelques contractions presque insensibles dans les muscles du cou ; puis survinrent des contractions énergiques de ces mêmes muscles. Ensuite le visage demeura calme pendant quelques secontles au bout desquelles se lit une nouvelle contraction tros puissante : la bouche l'ut énergiqueinent tirée en bas et a gauche. Quelques secondes après, la màclioire inférieure s abaissa très lentement, mais très fortement : la bouche resta alors un instap» tout ouverte, puis elle se ferma de la même manière, tros

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