CHAPITRE PRRMIER
LÀ TÊTE DES DÉCAPITÉS
UlessurlesammauK - La^te^^^^^^^^^ spontanés dans les lÊtes. p.lation - décapités parlants, les convulsions
décollées ? — l^e^l'^g^"^^ • /a„us de Sœmmering, d'Œlsner, de Sue,
éprouve dans rexamen des supplicies. . .^^^^iMiinn — Excita-
^citations de la vue, de l'ouïe, de l'odorat et du gout. - Excita lions de la moelle épinière.
Les recherches expérimentales, qui ont fait l'objet des trois chapitres précédents, nous ont renseigne sur le mécanisme de la mort par la décapitation cliez quelques animaux, chez le chien en particulier. Grâce à elles, nous connaissons à présent les principales modifications apportées dans l'organisme par la section du cou; nous savons l'origine, la nature des mouvements qui se produisent après la séparation de la tête et du corps; nous rapportons à leurs Yéritables causes les changements qui se manifestent dans les différents organes à la suite de la décollation .
Cherchons maintenant à apphquer les notions fournies par ces expériences à l'étude de la décapitation chez l'homme. Essayons d'expliquer, au moyen de ces notions, les légendes qu'on raconle depuis si long-
CQAITrRE PREMIER
l^emps sur les suppliciés; demandons, en laissani dP 00 e lou(escn[,menlalit6 inutile, le secours de l^ ph
0 ooje pour analyser les dernières rnanifeslal on taies des decapilés, des guillotinés.
dPv'o^' ^^Pl'cation, celte analyse, pour rester simple devra paraître en maint endroit sèche et brutale. J en demande d'avance pardon à mes lecteurs: je les a adleurs prévenus dès les premières pages de ce li- Me. Jenepourra.s, en etîet, m'attendrir sur les ic^uom.nies de la peine capitale, sur les derniers mr^enîs des condamnés, sans perdre de vue l'objet essenS celte étude: je ne pourrais, en décrivant l'œuvre terrible de la ginllotine, marquer mes Irislesses et céder a mon émotion sans oublier qu'il s'ai?i( ici de science pure et non de morale ou de philoso;;hie. Je veux au contraire, éviter autant que possible à ceux qui m^lirontles scènes pénibles et les tableaux écœurants que J ai rencontres au cours de mes recherches : aussi laisserai-jc soigneusement de côté toutes les anecdotes larmoyantes, toutes les descriptions lugubres qui pourraient apitoyer sur le sort des condamnés
Suivons donc, dans l'examen des suppliciés, la même méthode qui nous a guidés dans l'exposé des expériences faites sur les animaux décapités! Regardons d abord la tête d'un homme au moment où elle tombe sous le glaive de l'exécuteur ; voyons ce nui se passe djins cette tête décollée et cherchons à y saisir les dernières traces de vie. Nous examinerons ensuite, dans un autre chapitre, les modifications survenues dans le corps du supplicié, dans les membres, dans le tronc, dans les viscères.
Quese passe-t-il donc, chezl'homme, dans la tèle
ctécapitée.\Sur quoi s'est-on fondé pour dire, comme
on la souvent prétendu, que cette fêle vit et pense
encore durant quelques instants après sa séparation du corps?
LA TÊTE IIES DÉCAriTÉS I '
Ceux qui oui aflirmé la surviedc la consCLence api la écan laliou, ont invoqué des argumeuls de deux ordres Us uusoul regardé comme une marque c e 1 olonléles mouvements qui se produisent parfo s dans U éle décollée : les autres, tenant peu comp e de -e^ s ence ou de l'absence de ces mouvements, on c™ que le cerveau continuait à sentir et a souffrir tout en ne traduisant son activité par aucun acte extt-
rieur
ur
Voyons ce que vaut l'argumenlation des premiers.
Mouvements spontanés dans la tête après la décapitation. - U tèle décollée esl-elle yérilab lement le siège de quelques mouvemenls? Exécute-t-elle des arimaces, présenle-t-elle des convulsions? Oui disent fes uns ; non, disent les autres. Certes, à consulter les léc^endes, à écouter les poètes, on apprend que cette tête a pu manifester par des expressions non équivoques le sentiment qu'elle éprouvait : l'expression a même pu aller jusqu'à la parole. Homère dit :
Et sa tèle, en parlant, roule sur la poussière.
Aristote cite une légende dont il démontre du reste
immédiatement l'inanité : ...
« Un prêtre de Jupiter armé avait été assassine et ), sa tête avait été séparée du corps. Des témoins affir- » mèrent qu'ils avaient entendu ces mots sortir de sa » bouche: a J'ai été assailli par un homme; Cercidas » m'a tué. » On rechercha dans le voisinage s'il exis- » lait quelqu'un qui portât ce nom. On découvrit un » Cercidas : il fut pris, traduit devant les juges, con- » vaincu et condamné (De part. A nim.). »
Parmi les anecdotes sur les décapités recueillies par Auberive nous trouvons certains récils aussi étran-
ges.
1; Anei:doles sur /es- Décapités, par Auberive, l'ariS) an V,
^■^""^ CIIAl'lTIilî l'RBMlliK
Orderic Yiltel dit gravement qiielecomle de Galles pret aetredecapilé, obtint de ses bourreaux la permission de réciter le Pater noster. Il commença ; mais at)rès ces mots Et ne nos inducas in tentattonem, exécuteur impatient lui trancha la tête. La téte abattue poursuivit et prononça distinctement Sed libéra fios a malo (Hist. eccles. j 61 9).
On cite également l'histoire d'une certaine . Lucrèce d Ancône femme d'une grande délicatesse, qui tion'?^^ "^'"^ deJésus après sa décapita-
Il me paraît bien inutile de démontrer le mal fondé ce ces légendes: je laisse à Aristote le soin de répondre : ^
« Cela est impossible, dit-il, parce quela voix vient » des poumons et qu'il n'existe plus de correspon- » dance dès que la trachée-artère est coupée. — » ailleurs, chez les barbares qui tranchent les têtes » avec une prestesse étonnante, on n'a jamais ouï » dire qu'aucune de ces têtes ait rien articulé. Les » animaux que, dans les boucheries, on égorge » chaque jour en grand nombre ne font non plus en- » tendre aucun cri dès que le couteau du boucher » leur a coupé le cou. »
Nous ne pourrions mieux dire aujourd'hui à propos des décapités parlants.
Mais si la voix ne peutse produire, en l'absence de lair venant normalement des poumons, la tête ne peut-eUe parler bas, les lèvres ne peuvent-elles exprimer la douleur ressentie? Ecoutons plutôt la légende de la reine Marie Stuart :
« Sa tête détachée du corps ne proféra aucun son ; ') mais on vit le mouvement répété de ses lèvres' - comme si elle eut parlé. Il n'est pas probable que » ce tut un mouvement convulsif. Les spectateurs les « plus éclairés présumèrent que c'était un dernier ef- » fort delà nature expirante qui reciterait la prière
LA TÊTE DliS DÉCAl'lTÉS
„ qu'elle avait déjà prononcée trois fois avant de rece- ,) voir le coup mortel. »
D'après la léi?ende, la reine aurait donc continue . pner las après^ la décollation; la conscience aui^i î)ersisté. Et sur quoi est fondée la ^f'^^'}^^^^^^^^^ l'existence de quelques mouvements des lèvres dans
tois1a7am?use lettre qu'il adresse à OElsner après la Terreur, Sœmmering rappelle l'opimon de « Wei- >, kard, célèbre médecin d'Allemagne qui a vu se » mouvoir les lèvres d'un homme dont la tete était
>) abattue. - , . .
,, D'autres, aioule-t-il, m'ont assure avoirvu grincei ), les dents après que la tête était séparée du tronc ; ), et je suis convaincu que si l'air circulait encore ré- ,, guiièrement par les organes de la voix, qui n au- ), raient pas étédétruits, ces têtes parleraient.^
)) Ce qu'il y a de sûr, c'est que des hommes a qui le ,, cou n'avaitété coupé qu'à, demi ont crié.
)) Vous avez été témoin vous-même, mon cher )) OElsner, des convulsions horribles des guillotinés,
)) etc. » .,
Sœmmering n'a rien vu de ses propres yeux : drapporte et il amphtîe les histoires qu'on lui a contées. Il n'en est pas moins convaincu de l'existence de certains mouvements volontaires dans la tête décollée et il considère ces mouvements, qu'il n'a point observés lui-même, comme une dernière plainte et comme une suprême protestation.
Mais, oui ou non, ces mouvements de la face existent-ils? OElsner, au dire de Sœmmering, pourrait nous renseigner exactement puisqu'il a été « témoin » des convulsions horribles des guillotinés ». Or, OElsner ne nous apprend rien. « Si, dit-il, les idées » que nous fournit M. Sœmmering avaient été pro- » duiles plus tôt, eUes seraient déjà, dans l'opinion » publique, appuyées par une foule de faits qu'on
^.HAI'ITHK I-HEMIIiK
» aillait él6 a même de recueillir. Je supprime mes » propres observations parce quelles meVappeE » des souvenirs trop douloureux...» Vraiment 'ex cuse est pUeuse de la part d'un homme qufa as ish^
rUlf 1 ^'''''^ d exc.culions et q i
c lierche des arguments de toute nature pour démonler la persistance de la vie mentale après la décapitation Les «souvenirs trop douloureux» cachent prolDablement une ignorance complète
Voilà tout ce que savent les deux 'hommes qui après le dix thermidor, ont commencé la campaLe S> 8-I]oline au nom de leurs connaissance scientifiques Le citoyen J.-J. Sue, qui, en même temps que Sœmmering et OElsner, affirmait la survie de la conscience chez les décapités, ne nous donne pas un seul fait plus précis.
« On observait, dit-il, dans les têtes séparées, dif- » erents mouvements des paupières, des veux, des » lèvres des convulsions même dans les mâchoires, » quand les bourreaux les tenaient suspendues. Si ces » têtes avaient pu exprimer autrement que par des » mouvements convulsifs, et par un regard éearé et » presque étiucelant, tout ce qu'elles ressentaient, » que homme eût pu soutenir un pareil spectacle?
» Plusieurs personnes assurent avoir vu grincer les » dents, mordre même après que la tête a été sépa- » ree du corps... » ^
Sue n'a donc rien observé par lui-même : la rumeur publique ditceci, ditcela; et c'est avec de pareilles preuves qu'on jette, après la Révolution, l'émoi dans les familles des condamnés.
L'exécuteur Sanson qui, sous la Terreur, a abattu tant de têles, aurait peut-être pu nous apprendre beaucoup de choses. Dans les mémoires plus ou moins apocryplies qu'on lui prête, j'ai bien trouvé quelque allusion aux mouvements qui se produisent après la décapitation ; mais la durée qu'il leur assigne
LA TÈTIC DF.S DlîCAlMTÉS 1 40
:'st si cxatïérôe que nous ne saurions réellement ajouer la moindre foi à ses déclarations. Sanson rapporte Lin entrelien qu'il eutavecle docteur Guillolin :
(( Citoyen Sanson, me demanda le docteur, vous » avez dû remarquer des frémissements dans les )) cbairs, des mouvements musculaires, des contrac- .) lions nerveuses. L'œil n'est pas toujours (ixe, les .) cheveux se dressent, les dents s'enlreclioquenl, » elles grincent ou claquent ; la bouche s'enir'ouvre » et sefërme alternativement; la couleur des joues .. et des lèvres passe successivement par toutes les dé- .. gradations que produit une douleur excessive ; les .) rides du front se varient, l'eau découle des tempes ; » ii'est-il pas vrai que vous avez observé ces phéno- » mènes et quelquefois même plusieurs heures après » la décapitation? — Je répondis au docteur qu'il ne n se trompait pas...
)> ... J'ai suivi très assidûment les expériences phy- » siologiques qui furent entreprises sous les auspices » du docteurGuillotin ; les conséquences qui en res- » sortent ont pu être exagérées ; mais elles n'ont pas » moins porté dans mon esprit celle conviction très .) affligeante que la vie et la penséene sont anéanties » que du moment oi:i commence la décomposition de » l'organisme. Cette vérité m'a encore été confirmée .) par plusieurs médecins très savants, notamment .) par le célèbre Bicliat elle docteur Gall... »
La citation que j'ai déjà faite (p. 25) de l'opinion (le Bichat suffirait à elle seule pour montrer le peu de \aleur de ce qu'a pu dire le vieux Sanson. Il n'y a, du reste, dans ses prétendus mémoires, qu'un l'oman assez insipide dans lequel nous ne pouvons puiser aucune notion sérieuse.
Jusqu'ici nos renseignements sur l'état de la tète décollée sont en vérité assez pauvres et assez mesquins : nous n'avons trouvé, dans les travaux des sa-
^^^^ CIIAPITRU J'UKMIEK
vaiils, qui ont écrit sur la décapitation, àla fin du siècle dernier, rien qui démontre l'existence des mouvements dans la face des suppliciés. Nous avions du reste déjà insisté, dans la partie historique de ce livre sur la péuurie des documents recueillis par Sœmmering, par Sue et môme par Cabanis. C'est en Allemagne qu'il faut chercher des renseic^nements plus précis. ^
En 1803, Wendt, de Breslau, assiste à une exécution capitale. « Je fixai, dit-il, mes yeux sur la tête » du décapité; mais je ne pus percevoir la moindre » contorsion de la face : elle était calme, la bouche » fermée, les yeux ouverts et brillants. Rien n'indi- » quait le fait de la séparation de la tête et du tronc. »
^ Dans le premier cas qui fut observé par Klein, la tête fut soulevée devant lui au moment de la décollation. Il ne put constater la moindre altération des traits. Dans le second cas, il ne vit la tête qu'une minute après la séparation du corps. « On aurait presque » pu, dit-il, s'imaginer que la tête désirait finir la » prière. Le coup de l'épée avait été donné à la fin » de cette prière : on ne pouvait reconnaître la plus » minime expression de douleur : l'aspect était re- » marquablement calme. »
Après cette période de calme, — si je comprends bien les faits exposés par Klein dont jen'aipu malheureusement connaître le travail que par des citations, — survient une phase dans laquelle la tête présente des mouvements des paupières, des pupilles, de la bouche et de la langue.
« La bouche, dit-il, s'ouvrit un peu, puis se ferma )) et se rouvrit. En même temps, la langue fut projetée » un peu en avant, mais elle ne dépassa pas la lèvre » inférieure. Les yeux se tournèrent doucement en » dehors puis en dedans : on aurait pu dire, si par » hasard l'on avait interrogé la tête à ce moment, que
LA ïiî:te des décapités 1^"^ ,, celte tête regardait les assistants et qu'elle voulait
» exprimer quelque chose. » , , ,
Ces mouvements n'apparurent dans la face qu au bout de trois minutes. Une autre fois, chez une femme très débile, ils se manifestèrent au moins uae minute
plus tôt. . t 40 ,'o
Quoiqu'il en soit, nous savons maintenant : 1 qu aprèsla décapitation, la tête conserve pendant deux ou trois minutes un calme absolu ; 2° qu'après cette période il se produit quelquefois des mouvements spontanés de la face, avec ouverture et lermeture de la bouche, oscillations des yeux, etc.
C'est là du reste un tableau que nous allons rencontrer fréquemment : la physionomie demeure impassible aussilôt après la décapitation ; ensuite elle présente quelquefois certains mouvements. Ceux-ci peuvent en effet manquer, ainsi que le constatent plusieurs observations, ainsi que nous l'avons constaté nous-mêmes.
Cette expression de calme parfait a été reconnue maintes fois. Rigbyl'a observée chez un supphcié qui venait d'être décapité par le glaive. « Le premier coup » manqua, l'acier ayant pénétré profondément entre » les épaules: aucun muscle de la face ou du corps » ne se contracta, quoiqu'on dût employer un effort » considérable pour dégager l'épée. Un deuxième » coup mieux porté abattit la tête. Lorsque celle-ci fut » soulevée, les traits étaient parfaitement câlines. » L'expression de scélératesse qui, avant l'exécution, )) était si profondément marquée sur la physionomie » du criminel, avait complètement disparu. »
Je pourrais citer d'autres cas dans lesquels cette tranquillité de la physionomie des décapités a pu être reconnue. iMais j'ai hâte d'arriver à l'observation qui a été recueiUie par M. Bonnafont, en 1 834 : cette observation, que je liens à exposer tout entière, est en elîetl'une des plus sérieuses et des plus exactes que
'■''^ CllAl'ITHE l'HEMIliR
nous possédions surl'éLal des suppliciés aussitôt après la décollation. ^
« En 18;-i3, dit M. Bonnafont, un médecin de New- » York, Wilson, avait émis cette opinion que la tête » cl un décapité conservait encore le sentiment pen- » dant deux et même trois minutes. Me trouvant dans » une réunion à Alger, un sous-intendant militaire, » M. de F..., méprit à partie en me demandant ce » queje pensais de cette assertion du médecin amé- » ncain. Je lui répondis que la chose me paraissait » impossible. Mais j'eus beau invoquer les raisons » physiologiques, rien ne put ébranler sa croyance » que partageait du reste un assez grand nombre de » personnes présentes à cette discussion
» Ne pouvant le convaincre par le raisonnement ie » proposai cà mon spirituel contradicteur un moyen .) décisif de trancher la question en assistant à une » exécution, s'il en avait le courage. Acette époque, ') rien n'était plus facile car, les Arabes commettant » des crimes assez fréquents, la justice, obligée de » sévir, fournissait au chaom (bourreau) le moyen ;> d'exercer souvent son adresse.
» A celte proposition, M. de F... recula d'étonne- " ment et ne sut que répondre ; mais, son amour- » propre l'emportant, il se décida à accepter le défi.
» J appris le lendemain, chez le capitaine rappor- ') teur, que deux Arabes devaient être décapités quelle ques jours après. J'obtins facilement l'autorisation
d'assister à cette exécution et de faire les expérien-
0 ces que je croirais utiles à la science.
» Le jour arrivé, je pris, en conséquence, les me- ) sures nécessaires pour rendre l'expérience aussi ) concluante que possible. Je fis porter le matin
> même, avant le jour, sur la place ofi l'exécution ) devait avoir lieu, une petite table très basse, dont se ) servent les Arabes, et j'y fis placer un vase en bois
1 qui sert ordinairement à remuer la pâte pour la
> préparation du couscoussou. Je le fis remplir, ou à
LA TÊTE DES DÉCAPITÉS
„ peu près, de plâtre pulvérisé (il va sans dire que „ ces expé;iences devaient se fa.re dans le plus grand „ incogmto).M.deF...,mum d;un pe Por o-vo.k « et d'mi stylet très acéré, s'était rendu au lieu de » l'exécution un quart d'heure avant 1 arrivée des >, condamnés. 11 avait été convenu avec les chaous „ qu'aussitôt la tête tranchée, un de ses valets la de- » poserait sur la poudre de plâtre pour arrêter autant >, que possible l'hémorragie. M. de F... devait appe- „ 1er le décapité par son nom, en appuyant le porte- ,) voix surForeille, pendant que j'examinerais ce qui ,, se passerait dans les yeux et sur les autres parties
» du visage. . . • ^
)) Or, il arriva que, malgré les cris profères, je ne
» remarquai pas le plus léger signe de vie : les » veux restèrent ternes et immobiles, et la face deco- )) lorée; à peine si quelques muscles se contractèrent » sous l'influence des piqûres faites avec la pointe » acérée du stylet.
» Nous devions changer de rôle pour la seconde » tête. M. de F..., pâle et un peu ému lors de la pre- » mière expérience, avait repris son sang-froid à la » seconde, et il put, par conséquent, s'assurer par » lui-même que la mort était bien réelle et inslan-
» tanée. . .
)) Après cette expérience, qui lui parut décisive, )) mon contradicteur s'avoua vaincu . »
11 y avait là, en effet, de quoi entraîner la conviction : pas le moindre mouvement, pas le moindre signe de vie, pas la moindre manifestation de douleur; les têtes étaient restées absolument inertes. Comment croire, après cette observation, à la persistance de la conscience chez les décapités ?
Devons-nous en conclure qu'après la décollation la physionomie ne se modifie jamais, que la face ne présente jamais de mouvements, que le visage reste toujours calme? Assurément non : lesfails ne tarderaient