Moiigcot. — La mort de Lacenaire {Union médicale
5. Ferrand. — La peine de mort et la décapHalion. {Union médicale 1870).
6. A. Després — De la peine de mort au point de vue pliysioloqique {Opinion médicdle, 1870).
CUAl'IiRE PREMIER
loliuéset ou lit sans émotion les récits déclamatoires par lesquels on essaye de nous apitoyer sur leur
SOI La
Les restes des suppliciés deviennent l'objet de véritables éludes scientifiques; ils -aident à connaître quelques points ignorés de l'anatomie et de la physiologie humaines. Lélut ' décrit l'état du cerveau de plusieurs décapités. Au bagne de Brest, MM. M. Du- VAL, J. RocHAiiD et A. Petit ^ en 1851 et en 1866, observent les battements du cœur et les mouvements réflexes des guillotinés. M. Buown-Séquard ' signale la longue persistance de l'irritabilité musculaire et le moyen de la faire reparaître quand elle a cessé. M. Ch. Robin montre que, longtemps encore après la chute du couteau, l'organisme conserve, dans quelques-unes de ses parties, une vitalité très marquée. Ce n'est pas le moment de la disparition de la vie mentale que l'on cherche à connaître, c'est l'ordre suivant lequel meurent les différents tissus.
Cependant une expérience célèbre de M. Brown- Séquard rappelle l'attention sur le fonctionnement du cerveau après la décollation. Cette expérience, que nous examinerons minutieusement, montrait que, sur un chien décapité, l'injection de sang artériel dans la tête, par les artères carotides, provoquait le retour des mouvements volontaires. La conscience ne s eteindrait-eile donc pas définitivement à l'instant où le cou est tranché ? Ne serait-elle qu'endormie? Nous verrons, dans la deuxième partie de ce livre, comment les résultats obtenus par M. Brown-Séquard peuvent être inlerprétés.
Naturellement, il était légitime de croire qu'une
1. Lélut — Examen analomique rie l'encéphale de cinq suppliciés {Journal des progrès et instilii/i ms mé licales. 1830).
2. M. Diival, J. Rochard et A. l'etit. — Observations phusioloqiques sur les cadavres des suppliciés (Gaz. médic<de, 1851).
M. Duval. — Gaz. hebdom. de méd. et cliir. 1867.
3. firown-Soquard. — Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1851.
4. Ch. Robin. — Observât, anal, et physiol. faites sur des suppliciés par décollation [Journal de l'annt. norni. et pathol., 1869).
LA MOirr PAU LA DKCAl'lTATIO.V
pareille transfusion de sang, praliquée dans une tête d'homme, devrait ramener également la vie mentale suspendue. Cette transfusion, tentée récemment plusieurs fois, sur des suppliciés, par M. Labokde a été commencée trop tard et n'a pu ressusciter des mouvements spontanés ; toutefois elle a permis de connaître la durée de l'excitabilité cérébrale et elle a fourni des renseignements précieux sur la mort des dill'érentes parties du système nerveux.
Mais toutes ces analyses, toutes ces expériences, ne peuvent pas constituer une étude à peu près complète de la décapitation. Celte étude, c'est dans le mémoire de MM. DujARDLN-BEAUMErz et Eveard ^ qu'il faut aller la chercher. Considérations philosophiques, documents historiques, démonstrations physiologiques, tout, dans ce travail, témoigne d'une science sûre et d'une profonde érudition. MM. Dujardin-Beaumetz et Evrard déterminent scrupuleusement la part de Guillolin et celle de Louis dans l'invention de la guillotine ; ils examinent la valeur des preuves invoquées pour établir la survie de la conscience chez les décapités et ils concluent, d'après leur observation personnelle et d'après le témoignage de deux exécuteurs, à l'instantanéité de la mort intellectuelle. Ils sont convaincus « que ce » souffle d'acier, qui passe entre le cœur et le cer- » veau, a déjà anéanti l'intelligence et la douleur pliy- » sique au moment où la tête du supplicié tombe sur » l'cchafaud ». C'est également par la même conclusion que se termine l'intéressant article publié par M. Tourbes ^ dans le Dicl'wnncdre encyclopédique des sciences médicales.