‹ La mort par la décapitationChapitre 8 sur 59 · V. Labordc. — Revue scientifique, 1884 et 188Fj · texte numérisé non relu

V. Labordc. — Revue scientifique, 1884 et 188Fj

2. Dujardin-Beaumclz cl Evrard. — Aan. d'hyn. ijubl. et de mèl. légale, 1810.

i. Tourdes. — Dict. encijcl. des sciences médic. — Arl. Supplices.

"^•^ CUAI'ITIUÎ PREMIEU

Cepeiulaiit ces conclusions ne paraissent pas encore sumsammeut justifiées. Elles reposent bien sur des observations sérieusement recueillies, sur des examens pratiqués par des hommes d'une grande valeur scientifique ; mais, en réalité, ces observations ont un grave défaut, elles ont été commencées cinq, six, huit, dix minutes après l'exécution capitale, elles ont été faites trop tardivement. Ce qui est en effet le plus important à connaître, pour entraîner la conviction, c'est l'état du supphcié au moment même où le glaive vient de le frapper. Que se passe-t-il pendant cet intervalle de cinq minutes? voilà ce qu'il faut savoir et ce qu'il faut dire.

Voilà pourquoi les relations de Wendt, de Klein, de M. Bonnafont et celles de M. Holmgren ' et de M. Pe- TiTGAND ' présentent un si grand intérêt ; elles décrivent en effet les changements immédiats provoqués par la section du cou et elles montrent ce qui reste de vie aussitôt après la décollation par la hache ou parle glaive.

Les études auxquelles nous nous sommes livrés, en 1883 et en 1887, M. P. Regnard et moi ^ ont encore eu le même objet; toutefois, c'étaient les effets de la guillotine, et non pas ceux de la décapitation par le sabre ou par la hache, que nous avions à examiner.

Existe-t-il une différence entre ces divers modes de supphce? Que la décollation soit pratiquée à l'aide d'un glaive, d'une hache ou d'une guillotine, le résultat n'est-il pas toujours exactement le même? Nous

1. llolmgren (P.) — Om halshitgqning betraklad fran fijsioloqhk synpimkt. Upsala, 1876. — lakltafjelser vid en halshiigqning. Upsala Lîlkarefôrenings Fôrh, 1879. — Nija iakttagelser vid 'halahunqninq Upsala Lak. Fôrh. T. 18 et T. 23. M. llolmgren a publié, dans la première de ces brochures, une remarquable élude physiologique de la décapitation.

2. Petitgand. — Observations sur un décapité annamite (Revue scientifique 1884).

3. P. Regnard et P. Loye. — Comptes rendus de t Académie des scivnces, 1885 et 1887.

LA MORT PAR LA DÉCAriTATION

aurons à nous poser cette question plus loin afin de déterminer si toutes les observations sont réellement comparables; mais, dès maintenant, nous pouvons bien prévoir que le mécanisme de la mort ne sera pas identique si, au lieu d'être détachée brusquement du corps en une seule fois, la tête du supplicié lie tombe qu'au troisième et même au cinquième coup, comme plusieurs exécutions par le sabre en ont fourni autrefois et récemment l'exemple.

La décapitation, telle que nous allons l'étudier, consiste dans la section complète et rapide du cou, effectuée en une seule fois et à un certain niveau au moyen d'un instrument bien tranchant.

Ce n'est assurément pas son histoire complète que j'ai voulu tracer dans ce premier chapitre ; c'est simplement le résumé des discussions scientifiques auxquehes elle a donné lieu depuis la fin du siècle dernier. Aussi n'ai-je pas rapporté les vieilles légendes qui, dans l'antiquité et dans les temps modernes, ont eu cours sur le supplice de la décollation ; cependant comme quelques-unes de ces légendes reposent sur des faits qui ont pu avoir un certain fond d'exactitude, j'aurai plus loin à rechercher la part de vérité qu'elles renferment.

Les études sur la décapitation se ressentent naturellement des causes qui les ont provoquées. Ainsi, à la suite des massacres de la Terreur, on ne se préoccupe que de la survie delà conscience, on cherche uniquement à savoir siles victimes des tribunaux révolutionnaires ont pu souiTrir après leur exécution ; toute autre question est superflue. Puis, au commencement de ce siècle, apparaissent les applications du galvanisme : on électrise les reste* des suppliciés, on obtient des contractions de leurs membres et on se demande si ces mouvements ne sont pas les manifestations (l'une sensibilité à peine endormie. Mais peu à I)eu on laisse de côté cette question de la persistance

CJIA1»IÏRE PREMIER

de la vie men aie ; on examine les effets de la décolla 1011 sur les divers appareils de l'organisme î on s'efforce de découvrir les dernières (races de vi alité on essaie de saisir e passage de la vie à la mort ; on introduit les méthodes de la physiologie dans les recherches dont les décapités sont l'dbfet

G est cette analyse expérimentale que j'ai tenté d apporter, non seulement dans l'examen des décapités, mais dans toute l'élude de la décapitation J'ai essaye de mettre à profit les leçons ce mes éminenls maîtres, Paul Bert et le professeur BrouarSel • .1 ai cherché a suivre les bienveillants conseils de M. Brown-Séquard et les affectueux avis de MM A Dastre et P. Regnard. Je voudrais maintenant que ce livre ne parût pas trop msuffisantaux iu^es éclairés qui m en ont conseillé la puWication.

DEUXIÈ31E PARTIE

(RECnERCDES EXPÉRIMENTALES)

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