‹ La Mort rapide dans l'Éczéma Chez L'enfantChapitre 2 sur 20 · A MON PRÉSIDENT DE THÈSE · texte numérisé non relu

A MON PRÉSIDENT DE THÈSE

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MONSIEUR LE PROFESSEUR HUTINEL Médecin des Hôpitaux de Paris Membre de l’Académie de Médecine

Chevalier de la Légion d'Honneur

Au début de ce petit travail, nous voulons remercier tous ceux qui nous ont aidé de leur enseignement ou de leur expérience clinique, pendant le cours de nos études médicales.

À nos premiers maîtres de l'Ecole de Médecine de Poitiers, et en particulier à MM. Delaunay, Chrétien, Malapert, Brossard et Petit; à nos maîtres de l'hôpital Saint-Joseph de Paris, MM. Genouville et Compain ; à nos maïîtres de la Faculté de Paris, MM. Bar, Brindeau, Moutard-Martin et Méry, nous apportons l’assurance de notre bien vive reconnaissance.

C’est à M. Moizard que nous devons le sujet de cette thèse. A lui, au Dr Hébert, son ancien interne, et à M. Moncany, son très aimable interne actuel, dont les conseils et l'expérience nous ont tant servi, nous adressons l'hommage de notre profonde gratitude.

Tous nos remerciements enfin à M. le professeur Hutinel, qui a bien voulu nous faire l’honneur d’accepter la présidence de notre thèse.

De nombreuses observations de mort rapide au cours de l’eczéma chez l'enfant ont éveillé l’attention des auteurs qui se sont demandé quel pouvait être le mécanisme de cette mort. Nous étudierons plus loin les théories émises à ce sujet. Elles sont du reste assez récentes, et bien longtemps avant qu'on ait apporté sur la question quelqu’esprit critique, on avait relaté les faits sans essayer de les expliquer.

Hippocrate déjà devait penser aux maladies cutanées, lorsqu'il écrivait : «Il est des maladies qu’on ne peut pas guérir et d’autres dont il vaut mieux ne pas tenter la guérison; car on s’exposerait à occasionner le transport de la matière morbifique sur des parties qui en seraient lésées et la nature pourrait y succomber. »

Mais, c’est en 1643 que Zacutus Lusinatus, le pre-

mier, parla de la mort subite dans l’eczéma, lorsque, pestant contre les médecins imprudents qui cèdent aux instances de la famille et donnent des onguents pour guérir les maladies de peau, il ajoute : « Quo factum est, ut qui expulso ad cutem humore ab epilepsia, cæterique gravissimis cerebri vitiis erant immunes, præsidiorum exiccantium vi, in apoplexiam, comitialem morbum, convulsionem, cæcitatem et mortem subilam, restagnante ad internas sedes humore, incurrerint. Ab his medicamentis medici caveant est necesse. »

Pendant plus de deux siècles, les médecins resteront dans cette crainte d'accidents très graves, quelquefois mortels, succédant à la disparition brusque de cet exécutoire qu’il faut savoir respecter ; et la tradition populaire, encore aujourd’hui bien connue, d’après laquelle on ne doit pas toucher à l’eczéma du nourrisson, repose certainement sur des faits d'observation. «C’est à ce danger d’un traitement local intempestif que répondent certaines pratiques populaires qui voient dans la {oque des Bretons, le chapeau des Bourguignons, la gourme vulgaire, tous eczémas impétignisés du cuir chevelu, des émonctoires auxquels il est interdit de toucher. » (Variot).

Dans son Traité des Maladies qu’il est dangereux de guérir, Raymond en 1816 rapporte l'observation d’un enfant eczémateux & dont la teigne s’affaissa et qui fut saisi d’un accident d’épilepsie parfaite qui lui dura près d’une heure, .. après quoi la teigne reparut », et si grâce à Qun vomissement fort copieux

d'humeurs, et d’alimens qui lui fut procuré par deux -grains de tartre émétique », que l’auteur « lui fit avaler dans une cuiller d’eau commune », si, grâce à es soins, l'enfant ne mourut pas, l’auteur n’en rappelle pas moins qu’il est des cas où « la matière qui se portait au dehors, restant et agissant au-dedans, jette ces enfants dans l’épilepsie, l’apoplexie, l’aveuglement et souvent dans une mort subite ».

Après Raymond, s'écoule une longue période pendant laquelle la question qui nous occupe resta dans - J’oubli, et nous recherchons en vain däns les travaux de Devergie (1), d’Aran (2), de Bonnin (3). de Vernet (4), de Moussé (5), de Bontemps (6), qui furent publiés de 1838 à 1882, nous ne retrouvons aucune -observation nouvelle digne d’être citée.

= Pourtant en 1881, Gaucher publie l'observation d’un adulte, atteint d’eczéma généralisé et mort rapi- -dement, où, pour la première fois, est faite l’autopsie : L’auteur trouve tous les viscères très congestionnés, un foie volumineux, une rate grosse et dure, une endocardite légère. Il n’en faut pas plus et le sujet qui nous occupe sort de son obscurité. Succes-

1. Devercre. De la mort subile, de ses causes, de sa fréquence suivant l'âge, le sexe et les saisons. Ann. Hyg. publ et méd, légale, t. XX, 1838, ip. 145 et Méd. légale, 1852. à . 2, Araw. Des morts subites, Thèse d’agrégation, Paris, 1853.

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