‹ La mort réelle et la mort apparenteChapitre 10 sur 78 · DE DIFFÉRENTS AGENTS · texte numérisé non relu

DE DIFFÉRENTS AGENTS

Lorsqu’on verse dans le cul-de-sac conjonctival quelques gouttes d’une solution d’atropine, en quelques minutes, un quart d’heure au plus, il se forme une dilatation considérable de la pupille. Si la vie est éteinte, l’atropine n’exerce plus aucune action sur la pupille; si la mort n’est qu’apparente, la dilatation se manifeste inévitablement : c’est un fait qui a été mis en évidence par Bouchut. Les expériences de cet auteur ont porté sur un grand nombre de cadavres, destinés aux études anatomiques, sur des chats et sur des moutons; toujours il a constaté après la mort une immobilité absolue de l’iris. Comme il est difficile quelquefois de savoir si la pupille est dilatée ou si elle est restée dans son état normal, il est bon de contrôler l’action de l’atropine par une contre-épreuve à l’aide de l’ésérine. On sait que cet alcaloïde, extrait de la fève de Calabar, a une action inverse de celle de

l’atropine et contracte fortement la pupille si celle-ci est dilatée.

Tous les auteurs sont loin de voir, comme liouchut, un signe certain de mort dans le défaut d’action de l’atropine sur l’iris. Des expériences de Brown-Séquard1 prouvent que cet organe conserve sa sensibilité quelque temps encore après la mort et offre des signes de contractilité longtemps après que tous les autres organes n’en manifestent plus. Au dire de Sommer, l’insensibilité de l’iris à l’action de la lumière et du galvanisme ne se remarquerait guère que d’une heure à quatre heures après le décès.

Nous ne savons quel auteur italien a proposé de ponctionner la cornée et d’examiner, après l’évacuation de l’humeur aqueuse, quel était l’état de l'iris. Se dilate-t-il! la vie existe encore. Reste-t-il immobile! la mort est réelle. Nous ne pouvons nous prononcer sur la valeur de ce signe, que nous n’avons jamais osé expérimenter sur le sujet humain, car nous nous demandons si la ponction de la cornée, à l’aide d’un couteau à cataracte ou d’une lancette, est une opération absolument inoffensive, comme le dit Bouchut.

Art. X. — Déformation de la pupille sous l’influence de la double pression.

Ripault (de Dijon) 2 a prétendu qu’en exerçant sur le globe oculaire une double pression en sens inverse, on obtient, en cas de mort, une déformation transversale de la pupille. L’ouverture de celle-ci, au lieu de rester circulaire, devient elliptique ou plus ou moins irrégulière suivant la force employée par le doigt de l’expérimentateur. Josat nous dit avoir expérimenté plus

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