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pas dans une autre. Nous estimons que les tractions rythmées de la langue constituent une excellente méthode de traitement, mais non une méthode qui doive s’appliquer uniquement et à l’exclusion de celles dont nous allons parler.
B. Rétablissement direct de la respiration par la ventilation pulmonaire artificielle. — Les procédés que nous avons examinés, à part le procédé Laborde, ne font que prêter secours au vrai traitement de la mort apparente, lequel consiste à rétablir la ventilation pulmonaire, et n’oublions pas que le succès tient surtout à la persistance avec laquelle l’air vivifiant pénétrera dans le poumon.
Nombreuses sont les méthodes dont nous disposons pour établir la ventilation pulmonaire; on peut les classer en deux catégories : V insufflation et V aspiration. L’air arrive dans le poumon parce qu’on l’y a injecté ou bien parce qu’il y a été aspiré spontanément grâce à l’élasticité du parenchyme pulmonaire et à la tonicité organique, propriétés que l’on met enjeu en dilatant la poitrine par différents procédés que nous décrirons.
1° L’insufflation. — C’est la méthode laplus ancienne ; il en est question dans l’Écriture sainte : Elisée, pour ressusciter l’enfant de la Sunamite, se coucha sur lui et appliqua sa bouche sur sa bouche L L’insufflation est très pratique et à la portée de tout le monde. Une statistique de Guérard nous apprend que, sur 185 noyés rappelés à la vie, 54 avaient été traités par cette méthode. L’air insufflé sera l’air atmosphérique puisé dans un milieu aussi pur que possible; nous estimons néanmoins que si l’on avait de l’oxygène sous la main, de bons résultats seraient obtenus avec ce gaz, dont l’emploi a été recommandé par un très grand nombre d’auteurs.
d. Posuitque os suum super os ejus. Reg. 4, IV, 34.
Icard. — La mort.
L’insufflalion se pratique de trois façons différentes : a. L'insufflation de bouche à bouche. — L’opérateur applique sa bouche sur les lèvres du sujet, et projette dans la cavité buccale l’air contenu dans sa poitrine : cette manœuvre doit être faite lentement, régulièrement et environ 15 à 18 fois par minute de façon à imiter autant que possible le rythme de la respiration naturelle. Pour avoir un air aussi chargé que possible d’oxygène, il faut avoir soin de faire au préalable une ou deux fortes aspirations suivies chacune d’une profonde inspiration. On peut encore obtenir une ventilation pulmonaire convenable en soufflant dans une narine, l’autre narine et la bouche étant hermétiquement closes. Pour vaincre la répugnance qu’engendre l’insufflation directe et pour éviter de part et d’autre tout danger de contamination, on a conseillé d’interposer un linge fin entre la bouche de l’opérateur et celle du sujet. Restent certains reproches auxquels l’insufflation de bouche à bouche ne peut pas échapper : les lèvres s’adaptent mal, l’air insufflé fuit par les commissures, la pénétration de l’air est souvent gênée par l’application de l’épiglotte sur l’orifice du larynx et, chez les enfants, par l’étroitesse de la fente glottique.
b. L'insufflation ■pharyngienne. — Elle se fait à l’àide d’un soufflet dont on introduit la canule dans la bouche et que l’on fait fonctionner après avoir fermé toutes les issues. La pression évidemment est ici plus forte que dans l’insufflation de bouche à bouche; mais l’air s’engage dans l’œsophage, et arrive dans l’estomac plus souvent que dans le poumon, toujours à cause de l’obstacle que nous avons signalé au niveau de la glotte. Manro pense que l’on peut facilement éloigner l’obstacle en déprimant le cartilage tyroïde d’avant en arrière. En suivant ce précepte, une plus grande quantité d’air sûrement pénétrera dans le poumon, mais il faudra avoir recours à l’insufflation trachéale pour
obtenir de la méthode tous les services qu’on est en droit d’en attendre.
c. L'insufflation trachéale. — Elle a pour but de triompher de l’obstacle glottique et de donner à la colonne d’air une direction absolument sûre. Pour cela, Detharding et Voisin ont proposé d’insuffler l’air par une ouverture faite sur la trachée au-dessus de la glotte, laquelle ouverture présenterait aussi l’avantage de débarrasser plus facilement les bronches des corps étrangers. La trachéotomie doit être considérée comme une ressource extrême, et l’insufflation trachéale se fera de préférence à l’aide d’un tube que l’on introduit par la bouche dans la trachée jusqu’au delà de la glotte.
C’est à Chaussier que revient l’honneur d’avoir inventé le premier tube laryngien, et son tube, dont la description date du 26 juin 1806, a servi de modèle à tous ceux qui ont suivi.
Le tube laryngien de Chaussier est un tube métallique en argent ou en cuivre, de forme conique, mesurant 18 à 20 centimètres de longueur et d’un calibre inférieur à celui de la trachée (fig. 24). La grosse extrémité a est évasée en pavillon de manière à pouvoir y adapter les lèvres ou le tuyau d’un soufflet; la petite extrémité b est aplatie et percée sur chaque côté d’une ouverture oblongue c; à 35 millimètres de la petite extrémité, le tube présente une courbure arrondie et, à la hauteur de cette courbure, se trouve une rondelle transversale r percée de quelques trous servant à fixer une petite éponge fine, une tranche d’agaric ou mieux un petit morceau de peau de buffle.
« Par cette disposition, dit Chaussier, l’instrument s’adapte sur la coupe oblique du larynx, il en ferme hermétiquement l’ouverture, de sorte que l’air que l’on y pousse ne peut facilement refluer et dilate nécessairement les poumons. »
Dans le tube deDepaul les deux ouvertures latérales du tube de Chaussier sont remplacées par une ouver-
ture à bord mousse et pratiquée au bout de la petite extrémité (a, fig. 25).
Ribemont a supprimé la rondelle transversale des
tubes de Chaussier et de Depaul, et a donné à son tube (fig. 26) une courbure qui paraît être plus en rapport avec celle du conduit buccopharyngé : la petite extrémité est droite, de forme conique, et obture la glotte à la façon d’un bouchon ; l’orilice latéral est situé dans l’étranglement qui précède le boutolivaire terminant le tube. Une poire en caoutchouc d’une capacité de 28 centimètres cubes, imitée de celle que Gairal avait imaginée pour le même usage, permet, en s’adaptant à la grosse extrémité, de pousser Pair dans le tube et de celui-ci dans la tra-
Fig. 26.
Tube de Ribemont.
chée; elle sert aussi à faire l’aspiration pour désobstruer les voies aériennes.
Olivier a reproché au tube de Ribemont : 1° d’avoir une courbe trop haute (47 millimètres), ce qui en rend l’introduction difficile chez les enfants chétifs ou nés avant terme; 2° de présenter une ouverture dont la situation dans l’étranglement qui précède le bout terminal, rend l’aspiration peu fructueuse et quelquefois négative. Pour corriger ces inconvénients, il a inventé son insufïlateur (fig. 27), composé de deux parties rectilignes À et B, perpendiculaires l’une à l’autre et réunies suivant une courbe représentant le quart d’un cercle de 15 millimètres de rayon. A la grosse extrémité A s’adapte le réservoir à liquide dont nous avons parlé plus haut (fig. 20).
Nous arrêterons ici la description des tubes laryngiens et nous ne dirons rien des insufïlateurs de Desgranges, de Blundell, de Marchant, de Gairal, de Pros de la Rochelle, etc. Tous les insufïlateurs sont bons; le point capital est de savoir s’en servir. Voici exposé très succinctement le procédé le plus simple à suivre pour l’introduction du tube laryngien.
L’enfant est placé sur un plan légèrement incliné, sur un coussin par
exemple, de manière à avoir la tête plus élevée que le bassin et un peu penchée en arrière. L’opérateur introduit l index gauche dans la bouche et suit la face dorsale de la langue jusqu’à l’orifice laryngé, qu’il reconnaît à la fente glottique et à la saillie .des deux cartilages aryténoïdes. La route est alors tracée : de la main droite, on pousse le tube en le faisant glisser entre la langue et l’index
Fig. 27.
Insul'flateur d'Olivier.
jusqu’à l’extrémité de celui-ci; l’instrument arrive ainsi sûrement jusqu’à la glotte, et sa pointe s’introduit d'elle-même sans difficulté dans l’ouverture trachéale. On fait alors une insufflation : la poitrine se soulève si l’instrument est bien dans la trachée; s’il s’est égaré dans le pharynx, l’air pénétrera dans l’estomac, et ce sera la région épigastrique qui se gonflera.
Pendant combien de temps l'insufflation doit-elle être pratiquée avec quelque espoir de rappel à la vie? Auvard a répondu à cette question dans les propositions suivantes, qui résument très bien la conduite à tenir en pareille circonstance :
1° Si, après une demi-heure d’insufflation, les battements du cœur sont nuis, il est inutile de continuer : la mort est réelle ;
2° Quand les battements cardiaques existent, si, après une heure d’insufflation, il ne s’est produit aucun mouvement d’inspiration spontanée, on pourra cesser, car cette absence de mouvements respiratoires indique chez l’enfant quelque lésion incompatible avec le rétablissement de la vie ;
3° Si, après deux heures d’insufflation, et alors que des battements cardiaques et des mouvements respiratoires spontanés existent, les mouvements diminuent et tendent à disparaître aussitôt qu’on interrompt l’insufflation, il sera inutile de la continuer plus longtemps, les conditions nécessaires à la vie manquant de même que dans les cas précédents.
L’insufflation trachéale constitue, avec les tractions rythmées de la langue, le procédé de choix pour le traitement de la mort apparente chez les nouveau-nés, et, bien qu’on lui ait reproché certains inconvénients, entre autres celui de déterminer l’emphysème par rupture des vésicules pulmonaires, l’insufflation restera toujours une méthode avantageuse et rendra encore a la clinique de grands services.
2° Aspiration. — La méthode qui a pour but d’appeler
l’air dans la poitrine en comprimant et en dilatant alternativement la cage thoracique est moins ancienne que la méthode de l’insufflation; elle comprend tous les procédés de respiration artificielle, l’emploi de l’électricité, la ceinture aspiratrice de Leroy d’Étiolles et le spirophore de Voiliez. Nous ne signalerons que pour mémoire ces deux derniers appareils, aujourd’hui justement tombés dans l’oubli.
a. Ceinture de Leroy d'Etiolles. — De tous les auteurs qui se déclarèrent contre l’insufflation, Leroy d’Étiolles fut certainement celui qui, dans la lutte, montra le plus d’ardeur et aussi le plus d’entêtement, et il fallut plus tard la grande autorité et tout le talent du professeur Depaul pour que la victoire restât aux partisans de l'insufflation. C’était pour simplifier cette dernière méthode que Leroy d’Étiolles inventa sa ceinture aspiratrice. Cet appareil, vraiment peu pratique et nullement efficace, consistait en une large ceinture munie de boucles qui permettaient de serrer et de relâcher alternativement la cage thoracique suivant le rythme naturel des mouvements respiratoires : ce fut un insuccès complet.
b. Spirophore de Voiliez. — C’est le 20 juin 1876 que Voiliez lut devant l’Académie de médecine son mémoire intitulé : Du spirophore , appareil de sauvetage pour le traitement de l'asphyxie et spécialement de l'asphyxie des noyés èt des nouveau-nés. Cet appareil (fig. 28 et 29) se compose essentiellement d’un cylindre en zing ou en tôle dans lequel on introduit le corps jusqu’au cou et d’un soufflet destiné à modifier la pression intérieure. Le cylindre constitue une cavité hermétiquement close grâce à la toile imperméable qui est fixée autour du cou et empêche toute communication avec l’extérieur; il résulte de cette disposition que la compression de l’air intérieur détermine nécessairement un mouvement d’expiration, et la dilatation un mouvement d’inspiration. Le système est évidem-
ment très ingénieux et plus actif certainement que la succion des mamelles conseillée par Rœderer, Raulin
et Van Swielen pour dilater la poitrine; mais son inventeur a eu tort de le présenter comme étant le moyen par excellence dans le traitement de la mort apparente.
« J'ai pris chez M. Collin, dit Depaul, un de ces spirophores destinés aux nouveaunés, et je l’ai expérimenté dix fois. J’ai Je regret de dire que dans neuf j’ai eu un insuccès complet. » Le dixième cas, du reste, fut plus qu’un demi-insuccès : le poumon présentait à peine \ quelques vésicules contenant de l’air.
ig. 28. -Spirophore de Voiliez: c> Électrisation des milS-
modèle pour enfant.
clés et des nerfs de la respiration. — On a tenté, sans grand résultat, l’électrisation des scalènes, des mastoïdiens, des intercostaux. Leroy d'Étiolles, devant l’insuccès de sa ceinture aspiratrice, proposa la faradisatioq, du diaphragme au moyen d’une aiguille implantée entre la huitième et la neuvième côte vers les attaches du muscle. Duchesne (de Boulogne) et Hufeland sont d’avis d’obtenir des contractions du diaphragme par l’excitation du nerf phrénique, qu’ils électrisent en appliquant un des rhéophores d’un appareil d’induction sur le creux épigastrique et l’autre sur le trajet du nerf phrénique dans la région cervicale, le long du bord antérieur du scalène antérieur ou du bord interne du sterno-cléidomastoïdien. On a conseillé aussi d’électriser le pneumogastrique.
L électrisation demande un appareil tout préparé sous la main au moment de l’accident et une certaine expérience de la part de l’opérateur. Déplus, si nous en ci oyons les auteurs compétents, elle expose à de fâcheuses complications. D’après Tourdes, il existe
des cas où une respiration commençante a été brusquement et irrévocablement supprimée par le choc électrique, et Brown-Sequard a dit : « Le meilleur moyen d anéantir le reste de la vie des individus agonisants, c’est de soumettre leurs muscles et leurs nerfs à l’action excitante mais épuisante du galvanisme. » d. — Procédés de respiration artificielle. — 1° Mouvements rythmés du thorax et de l'abdomen. — C’est le procédé le plus simple et aussi le moins actif, à cause du peu d étendue que l’élévation des côtes donne au mouvement d’inspiration. Il est recommandé dans 1 instruction du Conseil de salubrité de Paris. « On cherchera, dit cette instruction, à imiter les mouvements que font J a poitrine et le ventre lorsqu’on respire, en exerçant avec les mains sur ces parties des
pressions douces, lentes et alternatives. On laissera entre les pressions une intervalle d'un quart de minute ; on les réitérera quinze à vingt fois de suite, et on les suspendra pendant environ dix minutes. Il conviendra d’y revenir à plusieurs reprises. On peut même, à de longs intervalles, imprimer des secousses brusques sur la poitrine avec les mains largement étendues sur les côtes. Le déplacement du diaphragme, chez les enfants surtout, doit être provoqué. La compression et le relèvement alternatifs des parois de la poitrine ont produit d’heureux résultats, bien que cette manœuvre n’introduise qu’une quantité assez limitée d’air dans la poitrine. »
2° Procédé de Marshall- Hall. — Préconisé comme très utile par la Société royale humanitaire de Londres, ce
Fig. 30. — Procédé de Marshall-Hall : premier temps, expiration.
procédé a joui pendant un certain temps d’une grande vogue. Le malade est couché la face vers le sol, la poitrine soulevée et appuyée sur un coussin fait avec une couverture roulée ou avec toute autre pièce de vêtement (fig. 30). On tourne alors le corps doucement sur le côté presque sur le dos (fig. 31), et on le replace subitement la face vers la terre dans la première position (fig. 30). Cette manœuvre doit être répétée avec persistance et énergie environ quinze lois par minute en ayant soin de changer de temps en temps de côte.
Quand le patient est à plat ventre, il faut exercer une forte pression entre les omoplates (fi g. 30), pression que l’on cessera aussitôt qu’on aura retourné le corps sur le côté. Chaque mouvement est suivi d’une inspiration, mais il est facile de comprendre que cette inspi-
Fig. 31. — Procédé de Marshall-Hall : deuxième temps, inspiration.
ration ne peut se faire que d’un seul côté, l’autre côté étant gênédans sa liberté d’expansion par son contact avec le point d’appui.
3° Procédé de Silvester. — Dans ce procédé on
h ig. 32. Procédé de Sylvester : premier temps, inspiration.
cherche à obtenir une inspiration et une expiration aussi larges que possible à l’aide de tractions pratiquées sur les os et les muscles que la nature met spon-
tanément en jeu pour l’exercice de la fonction respiratoire. Le malade étant placé sur le dos, les pieds fixés, les épaules soulevées et soutenues par une pièce de vêtement, on saisit ses bras au-dessus du coude, on les élève en haut et sur les côtés de la tête, on les étend et on les maintient ainsi élevés et étendus doucement mais fermement pendant deux secondes : ce premier temps élargit la capacité thoracique, soulève les côtes et produit une inspiration (fig. 32). On abaisse ensuite les bras et on les presse toujours doucement mais fermement contre les côtés de la poitrine : ce second temps diminue la capacité thoracique par la compression de la poitrine et produit une expiration forcée (fig. 33). On répète cette manœuvre une quinzaine
Fig. 33. — Procédé de Silvestcr : deuxième temps, expiration.
de fois par minute. Des expériences entreprises par la Société médico-chirurgicale de Londres ont démontre qu’avec le procédé Silvester on fait aspirer 30 à 50 pouces cubes d’air, et cela d’une façon régulière, tandis qu’avec le procédé de Marshall-Hall on n’obtient que des inspirations irrégulières de 10 pouces cubes au maximum. C’est donc au procédé Silvester qu'il faudra donner la préférence.
4° Procédés de Pacini et de Bain. — Pacini a reproché au procédé Silvester de n’agir que sur les cadavres
dont les muscles sont en état de rigidité, et bien que le contraire ait été prouvé sur des cadavres dont les muscles étaient en état de relâchement, cet auteur a imaginé un procédé qu'il décrit ainsi: « On dégage le thorax et l’abdomen des vêtements qui serrent ces cavités; on maintient la tête dans la direction ordinaire du tronc et, après s’être placé derrière elle, on empoigne fortement la partie supérieure des deux bras près du moignon des épaules, en plaçant le pouce en avant sur le col de l’humérus, et les quatre autres doigts par derrière. En soulevant en même temps le moignon des épaules, on cherche à utiliser la connexion des clavicules avec le sternum pour élever cet os avec les côtes correspondantes. Il est évident que ce mouvement a pour résultat d’obtenir l’ampliation des trois diamètres du thorax, bien que le diaphragme n’y participe pas, si ce n’est d’une manière passive en restant immobile. » L’action du procédé de Pacini est plus sûre et plus énergique que celle obtenue avec le procédé Silvester, et la quantité d’air inspiré et expiré paraît être supérieure.
Bain, au lieu de placer les mains en avant sur les moignons des épaules, les applique en arrière en les glissant sous les aisselles du patient, et, le pouce appuyé sur l’extrémité externe de la clavicule, il tire les épaules en haut pour les rabaisser ensuite.
o° Autres procédés et oscillations de Schultze. — Les procédés de Schücking, de Howard, de Schrœder, de Reynolds, de Dewees, de Schüler, et autres ne sont qu’une imitation des procédés que nous avons fait connaître. Les avantages qu’ils présentent n’ont pas toute l’importance que leur accordent leurs auteurs, et nous croyons inutile de nous attarder à les décrire.
Les oscillations de Schultze méritent une plus grande attention. Ce procédé n’est applicable qu’aux enfants; il a trouvé peu de partisans chez nous, mais il est très employé en Allemagne. « L’accoucheur (debout, le
haut du corps légèrement penché en avant, les jambes modérément écartées, les bras étendus vers en bas) (fig. 34) tient l’enfant suspendu à ses index passés d’arrière en avant, sous les creux axillaires et recour-
Fig. 34. — Oscillations de Schultze : position d’inspiration.
bés en crochet, les pouces reposant doucement sur le sommet de la face antérieure du thorax fœtal, les trois derniers doigts de chaque main appliqués dans une direction oblique, en bas et en dedans, sur la face postérieure du thorax. La tête de l’enfant, qui tend à tomber inerte, trouve un point d’appui en arrière sur les bords cubitaux (tournés l’un vers l’autre) et sur une partie de la face palmaire des mains. Ceci est la position d 'inspiration, dans laquelle l’enfant ne doit pas être maintenu pour le moment.
Sans perdre un instant, l’accoucheur lance l’enfant
en avant et en haut; quand les bras de l’accoucheur sont un peu plus élevés que dans la direction horizontale, ils arrêtent leur mouvement si doucement que
Fig. 35. — Oscillations de Schultze-: position d’expiration.
l’extrémité inférieure du corps fœtal n’est pas projetée violemment en avant, mais culbutée lentement dans cette direction, c’est-à-dire vers l’accoucheur, par une flexion de la colonne vertébrale, et comprime fortement le ventre par le poids de l’extrémité pelvienne. Tout le poids de l’enfant repose dans cette position sur les pouces de l’accoucheur placés à la face antérieure du thorax (fig. 35). Dans le balancement vers en haut, il
faut particulièrement prendre garde que la flexion de la colonne vertébrale n’ait pas lieu dans les segments thoraciques, mais bien dans le segment lombaire; que ;\ le soulèvement des bras jusqu’à l’horizontale ait lieu par un mouvement brusque et vigoureux des bras dans l’articulation scapulo-humérale, puis que l’élévation des bras se fasse de plus en plus lentement. »
(. Schultze , traduit par Demelin.)
La manœuvre doit être répétée sept ou huit fois par minute. L’expiration se fait surtout par la pression des organes abdominaux sur le diaphragme et l’inspiration par le retour de l’enfant à la première position. Les oscillations de Schultze constituent un procédé énergique, mais les inconvénients qu’elles présentent sont nombreux; elles exposent à des traumatismes variés, et exigent de la part de l’opérateur une grande dextérité.
Choix du procédé. — Tous les moyens de traitement que nous venons d’exposer ne sont pas applicables, indifféremment, à tous les cas de mort apparente, et le choix doit en être fixé suivant les causes qui ont engendré l’accident, les circonstances qui l’ont accompagné, les complications qui en aggravent le danger et le rendent plus imminent. Bien qu’au fond le traitement soit toujours le même et tende au même résultat, il est certaines manœuvres de détail dont l’indication est plus marquée dans un cas que dans un autre. C’est ainsi, par exemple, qu’un noyé ne sera pas traité, d’une. façon absolue, comme un fulguré ou un électrocuté, ni un asphyxié comme un congelé. Mais quel que soit le traitement employé, il ne sera suivi de succès que s’il est appliqué avec une persévérance infatigable et la conviction certaine que l’on réussira : des rappels à la vie ont été obtenus après quatre heures et même six heures de traitement non interrompu.
TABLE DES MATIÈRES
Avant-propos
Division de. d’ouvrage