‹ La Mort Subite par les Corps Étrangers du Larynx: Suffocation ImmédiateChapitre 10 sur 16 · CF · texte numérisé non relu

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de hauteur, contituée par la même substance alimentaire; dans la trachée, çà et là, on rencontrait des petites parcelles de la même viande.

« Enfin, un morceau plus long, plus compact s'était engagé dans la bronche gauche qu’il occupait sur une longueur de 22 millimètres depuis léperon, n’obstruant pas toute la lumière du canal, mais la moitié environ. Au-dessus des cordes vocales mêmes, le larynx était obstrué par un petit prolongement du bloc de viande qui s'était insinué en arrière de l’épiglotte et qui coiffait l'ouverture laryngée. Le bloc de viande tout entier pesait 26 gr. Les circonstances de la mort étaient des plus suspectes, la femme dont il s'agissait, alcoolique invétérée, atteinte d’idées de persécution, accusait à chaque instant son entourage de vouloir l’empoisonner. Elle était morte subitement à table, en criant : ils m'ont empoisonnée. »

L'observation qui suit est de Thoinot :

« Le commissaire de police de Vincennes, transmet au Parquet, en mars 1911, un procès-verbal portant mention : « Décès subit sur la voie publique d’un individu inconnu. » Cet individu passait sur un trottoir de la rue de Paris, à Saint-Mandé; on le voit s’affaisser, deux passants le relèvent et le traînent, tant bien que mal, à la pharmacie la plus proche. On reconnaît qu’il était mort. A l’autopsie, on trouve un énorme bol alimentaire remplissant le pharynx, le vestibule laryngé, le larynx lui-même tout entier, enfin la partie supérieure de la trachée. « Ce bol alimentaire est constitué par un morceau de viande crue, il s'étale dans le pharynx au-dessus du vestibule laryngé sur une largeur de 6 em.; puis, il s'engage dans la cavité laryngée dont il reproduit le moule interne jusque dans ses moindres détails, détachant des prolongements qui s’insinuent dans

Le bol alimentaire est constitué par un seul morceau de viande. Il mesure 11 cm. de hauteur; 46 mm. émergent au-dessous du larynx; 40 mm. sont encastrés dans le larynx. Le larynx ouvert par sa face postérieure est maintenu béant par des épingles.

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les ventricules laryngés entre les cordes vocales formant un globe fusiforme dans la cavité laryngée elle-même. Le morceau dépasse en bas l’orifice inférieur du larynx et apparaît dans la partie supérieure de la trachée où il est libre, ne remplissant pas complètement le canal trachéal. Ce morceau de viande, qui est d’une seule teneur, mesure en hauteur 11 cm.; 46 millimètres émergent au-dessus du larynx; 40 millimètres sont encastrés dans le larynx lui-même et le reste se trouve dans la trachée:

« Dans l’œsophage, à sa partie inférieure, on découvre deux morceaux de viande semblables à celui que nous avons trouvé engagés dans le larynx. « Les lésions viscérales sont dans ce cas pour ainsi dire nulles, congestion et œdème pulmonaires à peine marqués.

« Pas d’ecchymoses sous-pleurales; pas d’ecchymo ses sous-péricardiques; pas d’emphysème sous-pleural; pas d’ecchymoses sous-conjonctivales; pas de piqueté hémorragique de la face ou de la poitrine. »

Dans certains cas, surtout si la mort n’a pas eu de

témoin, elle a pu paraître suspecte au premier abord.

Ce n’est que par la suite que l’on constate que le décès

est dû à un accident.

Nous citerons cette observation où les circonstances

ont prêté à la mort inopinée un caractère encore plus

suspect :

« Le sieur P..., âgé de 49 ans, laveur de carreaux, d'habitudes alcooliques invétérées, vit en concubinage avec une dame X.. et les disputes sont fréquentes dans le faux ménage. Un jour, le 7 juillet 1907, les voisins entendent une dispute plus violente encore que de coutume. Les chaises sont renversées, bris de verres et de vaisselle, puis la porte s'ouvre et se ferme brusquement, la femme descend

et tout bruit cesse. Elle remonte bientôt et, aussitôt entrée dans la chambre, elle appelle au secours. On accourt, l’homme est mort, il a la face congestionnée et on trouve au cou un foulard noué, mais d'ailleurs médiocrement serré.

« L'hypothèse de la strangulation criminelle se pose aussitôt et le cadavre est envoyé à la Morgue. De strangulation il n’y en a pas de trace, mais l’arrièregorge est obstruée par un gros morceau de viande cuite pesant 50 grammes, mesurant 8 cm. de long sur 24 millimètres de large, l’épiglotte est soulevée et une partie du morceau s'engage dans la partie supérieure du larynx. La trachée est violemment injectée et la putréfaction n’explique pas à elle seule cette injection.

« Le poumon droit laisse voir, outre la putréfaction assez marquée, des plaques d’emphysème souspleural bien distinctes; des ecchymoses sous-pleurales nombreuses mais irrégulièrement distribuées, un œdème pulmonaire très marqué.

« Au poumon gauche, des adhérences très prononcées n’ont pas laissé les lésions, d’ailleurs du même genre, se marquer aussi rigoureusement; les conjonctives oculaires présentent un véritable chemosis; les conjonctives palpébrales un véritable piqueté hémorragique très accentué. »

On a vu des personnes accusées à tort d’avoir causé

une mort qui était due au tassement de nourriture

dans le larynx. Un cas remarquable de cette nature a

eu lieu à Hillingdon. « Une victime avait eu une que-

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relle avec l’accusé qui était son beau-fils, on les vit tomber à terre ensemble, luttant et se battant. On

les sépara. Deux heures après, le beau-père, qui pa-

raissait tout à fait bien, fut vu se levant de la table où il dînait et quitta la chambre. On le trouva s’ap-

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puyant contre la cheminée comme s’il tombait et expira en deux ou trois minutes.

« L’individu avec lequel il s'était battu fut accusé d’homicide devant un magistrat. À l’enquête, le médecin-expert constata qu’il avait les organes, à l'exception du cerveau, dans un état très sain. Le cerveau était excessivement congestionné et il attribua la mort à l’apoplexie.

« Le Coroner désira que l’expert examinât la bouche et le gosier, ce qu’il avait omis de faire dans l’autopsie, car, à cause de la soudaineté de la mort après le repas, cet homme avait pu être étouffé.

« Cette opinion se trouva être exacte : un gros morceau de viande fut trouvé fixé dans l’ouverture du gosier et avait amené la mort par suffocation. Il n'avait pas complétement obturé les voies aériennes au premier moment, aussi l’homme avait-il pu sortir de table; la personne accusée d’homicide fut renvoyée de la poursuite. »

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