‹ La Mort Subite par les Corps Étrangers du Larynx: Suffocation ImmédiateChapitre 12 sur 16 · Œsophage · texte numérisé non relu

Œsophage

lésion suspecte. On notait simplement à la face postérieure de la cuisse gauche une cicatrice ancienne. Une incision faite à ce niveau n’a pas montré de lésion profonde, nous n’avons pas senti de cal du fémur.

Dans la région sus-claviculaire droite on voit une cicatrice d’une certaine importance paraissant avoir atteint profondément les tissus.

Ouverture du corps : l'examen du crâne n’a montré aucune particularité. La paroi osseuse et le cerveau étaient intacts. La dissection du cou au contraire a permis de constater des modifications très importantes qui expliquent la mort.

En effet, après avoir sectionné le plancher buccal et avoir enlevé complètement la langue, le larynx, la trachée et l’œsophage on trouvait, entré dans le larynx et l’obstruant complètement et entre les cordes vocales, un gros morceau de viande dont l’extrémité à l’intérieur du larynx était effilée et dont la partie sus-jacente s’épanouissait comme un champignon. Ce morceau de viande pesait 27 grammes.

En dehors de cette particularité, il n’existait aucune autre lésion du cou.

A l’ouverture du thorax, on constatait que le cœur était normal ainsi que l’aorte. Les deux poumons étaient congestionnés, œdématiés et, à la surface, se trouvaient de nombreuses taches de Tardieu

L'examen de l’abdomen n’a pas montré de lésion. Le foie, la rate, les reins étaient sensiblement normaux.

L’estomac contenait une assez grande quantité de liquide coloré (peut-être du vin?). Il n’y avait pas de lésion du tube digestif.

Aucune lésion de violences de l’abdomen ou du thorax.

Interprétation des faits :

Il résulte des renseignements du dossier, que cet

me homme, le 3 mars 1935, a été pris d’un malaise et que, transporté aussitôt à l'hôpital de Lariboisière, il y est mort en arrivant.

Deux particularités doivent en outre être notées :

D'abord, cet homme était légèrement pris de boisson et c’est lorsqu'il commençait à manger son bifteck qu'il s’est subitement levé sans prononcer une parole et est sorti dans la rue.

Il avait, dit le témoin, la figure congestionnée; on a cru qu’il avait besoin de vomir. Au bout de quelques secondes, ne le voyant pas revenir, le témoin était sorti avec un consommateur et s'étant approché de L..., celui-ci lui aurait dit : « soutenez-moi » ; il l’aida à rentrer dans le couloir de l'hôtel et le fit allonger sur le sol, etc.

Le sieur L.. n’a prononcé aucune parole et n’a pas repris Connaissance.

Or, l’autopsie montre deux ordres de lésions :

D'une part, l’obstruction du larynx par un énorme morceau de viande;

D'autre part, des signes de congestion pulmonaire avec œdème et pluie de taches de Tardieu sous la plèvre.

Il s’agit donc d’une mort par suffocation due à lintroduction d’un très gros morceau de viande dans les voies aériennes supérieures.

Conclusions :

1° La mort du sieur L... est consécutive à une suffocation due à l’introduction accidentelle, dans Îies voies acriennes supérieures, d’un très gros morceau de viande.

2° I] n’existait aucune trace de lésion suspecte, aucune trace de violence.

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