‹ La Mort Subite par les Corps Étrangers du Larynx: Suffocation ImmédiateChapitre 15 sur 16 · RON · texte numérisé non relu

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se renouvelle pas; il s’agit d’une asphyxie mécanique pure. Dans la pendaison et la strangulation, les vaisseaux du cou sont comprimés. Cette compression entraine une asphyxie locale immédiate de l’encéphale et du bulbe par arrêt de l'irrigation de ces organes par le sang hématosé. Les effets de cette asphyxie cérébrale précèdent ceux de lasphyxie générale par compression des voies aériennes. Dans la submersion, le liquide pénètre dans le poumon à la place de’ lair respirable. L’obstacle existe à tous les niveaux de l'arbre respiratoire.

Il appartiendra au médecin expert de dire si la mort relève d’un accident, d’un crime ou d’un suicide. Le mode de suicide par occlusion laryngée est assez rare. On n’en connaît qu’un nombre très limité de cas. Seuls le résultat de l’enquête ainsi que la nature de l’objet permettront de nous orienter vers cette hypothèse, et rien dans les constatations d’autopsie pourra différencier le suicide de laccident.

Il n’en est plus de même si nous avons affaire à un crime. Les victimes sont souvent des enfants nouveau-nés, car l'introduction du corps étranger demande une certaine passivité qui ne se rencontre que chez les tout-petits, et ne va pas sans laisser de traces compromettantes dans la cavité buccale et pharyngée. |

Chez l'adulte, l’introduction d’un corps étranger ne se fait pas aussi facilement. Elle est presque toujours précédée d'une lutte au cours de laquelle les coups assénés à la victime entraînent la perte de connaïissance ou tout au moins suppriment momentanément ses moyens de défense. C’est ce que Brouardel appelait « l’anesthésie préalable ». Ces traces de lutte, qui se traduisent sur le cadavre par la constatation d’ecchymoses, signent aussi indiseutablement le meurtre

que la nature même du corps étranger que l’on retrouve à l'examen du cadavre.

Nous ajouterons enfin que, dans la plupart des cas où le sujet s’est asphyxié accidentellement, en déglutissant dans son larynx un corps étranger alimentaire, l'examen du contenu stomacal a montré la présence d'assez fortes proportions d’alcool.

L'état d'ivresse de ces victimes nous est confirmé également par la recherche de lalcool dans le sang. La distillation de ce sang et le dosage par la méthode de Nicloux, du produit obtenu, nous a permis de constater l’existence d'alcool absolu dont la quantité correspond à des absorptions de deux ou trois litres de vin ordinaire à 10°. Leur état d'ivresse expliquerait en partie la gloutonnerie dont ils ont fait preuve, et serait responsable de bon nombre de ces accidents.

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