IT. — « BIBERONNAGE », SURALIMENTATION, ETC
L'usage du pernicieux biberon à long tube ne constitue pas la seule faute commise par les mères ou les éleveuses : elles ignorent complètement la quantité de lait que l'enfant doit prendre selon son âge ; et bien qu’on ne puisse avoir la prétention de
les astreindre à à ces règles très minutieuses et fixes
qu ‘enseignent les pédiâtres, du moins pourrait-on
espérer qu'il n'exislât pas d’écarts aussi considérables entre les quantités théoriques et celles que prennent les enfants. Il n'est pas rare de rencontrer des nourrissons de six semaines ou deux mois, qui ingurgitent, par vingt-quatre heures, un litre de lait pur. En général, on pêche par excès ; plus l'enfant peut en prendre, plus ses parents se réjouissent ; ils exploitent celte voracité du jeune âge, que l'on retrouve, du reste, chez les petits des animaux. Outre la quantité exagérée de lait dont on gave le nourrisson, il faut considérer que, très souvent, on lui fait prendre ce lait pur ; ou bien on se contente d’un coupage insuffisant (un quart d’eau à peine, cela pendant le premier mois de la vie chez l’enfan). Et cela est d'autant moins admissible que dans ce pays les vaches (race normande) ont un lait très riche en tous éléments. P. Lassablière
donne, en effet pour la race normande, les taux suivants :
Benne is 51 grammes par litre baciosa "4: 58 — Albuminoïdes..., 34 — Lo EE A ET ENS m7 —
Nous signalons, en passant, que certaines femmes, à la campagne surtout, ont l'habitude, pernicieuse pour certains auteurs, de couper le lait avec une infusion de tilleul, ‘de camomille, une décoction d'orge ou encore, ce qui est pire, de l’eau panée — panacée en grande faveur en ce pays.
Il importe encore de savoir la façon dont ce lait
ame | ia pur ou insuffisamment coupé est donné; le nombre des repas par vingt-quatre heures et l'intervalle de temps qui les sépare. Là encore, on constate une absence complète de soins. Dans la plupart des cas, presque toujours peut-on dire, l'enfant n'est pas réglé. Si on pose à la mère ou à la nourrice cette question : « Combien votre enfant prend-il de biberons par jour ? » on ne réussit qu’à l’embarrasser, sans obtenir de réponse. En général, l'enfant prend trop souvent : on lui donne dès qu’il crie, le biberon qui va l’apaiser ; l’on ne se préoccupe pas si ses cris ont une autre cause que la faim. Que l'enfant se remette à crier une heure après, il aura droit à un autre biberon, ou bien il finira le premier, aux trois quarts vide, ou bien encore, on lui redonnera une petite quantité de lait pour le calmer. Résultat : l’estomac doit recommencer une nouvelle digestion et fonctionner sans interruption. C’est là une diététique que les mêmes personnes ne voudraient pas imposer à un organisme adulte. Par contre, si, dans l'après-midi, l’enfart sommeille pendant trois ou quatre heures, on se gardera bien de lui donner son repas habituel ; on préférera lui faire boire ses deux biberons à une heure d'intervalle, plus tard. La nuit, il est d'usage de donner plusieurs tétées; l'enfant est-il réveillé ou agité : aussitôt le biberon lui redonnera le calme, à lui et aux habitants de la maison. Il va sans dire qu’il ne prend pas à chaque fois, le contenu de son biberon, mais il en consomme ce qu’il veut et quand il veut, la nuit comme le jour
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sans qu il existe d’autres règles que celle-ci: « On lui donne quand il crie. » La puériculture se trouve ainsi singulièrement simplifiée ; l'enfant est son propre maître ; et bien qu’il se contente souvent d’un demibiberon, le résultat est toujours la suralimentation, si on lui donne ce biberon douze ou quinze fois par vingt-quatre heures ; il s’y joint, fatalement, de la dilatation d'estomac et des troubles digestifs.
li est donc entendu que le biberon doit rester constamment à la disposition du nourrisson — la nuit comme le jour. Dès que ce biberon — généralement unique même chez les gens aisés — est à moitié
| vide, on rajoute du lait sur le reste, que jamais on ne jette ; par conséquent, on ne lave pas la bouteille entre les deux repas, et nous doutons même que le biberon soit lavé une fois par vingt-quatre heures; nous avons vu plusieurs fois — et cela au mois de décembre — le contenu d’un biberon, complètement coagulé le matin, après avoir trainé toute la nuit dans le berceau. |
Nous intercalons ici deux observations qui mon-
trent la suralimentation imposée aux nourrissons et les fautes commises au cours de leur élevage.