Extrait des inscriptions
Venance , à Saint-Jean-de-Latran , Jean IV (640-642) « a formé un ouvrage dont l’éclat métallique brille à l’égal des eaux sacrées... », en l’honneur des martyrs de la persécution de Dèce ; Anastase, Aster, Tell, Paulinien, Maur, Septime, Antiochien et Gaien occupent, avec les animaux évangéliques et les villes saintes, les tympans et le haut de l’arcade ; dans la voûte est l’image en buste du Christ, et au-dessous Marie ayant à sa droite les saints Paul, Jean Évangéliste, Venance, le pape Jean IV, et à sa gauche les saints Pierre, Jean-Baptiste, Domnio et le pape Théodore Ier, successeur de Jean IV. A Saint-Étienne, sur le Cœlius, les deux martyrs Prime et Félicien sont figurés au-dessous de la figure du Christ. Sur un autel de Saint-Pierre-aux-Liens, le portrait en pied de saint Sébastien fut érigé à la suite de la peste de 680. Les papes ne pouvaient négliger la basilique de Saint-Pierre ; Séverin, en 640, et Sergius Ier (687- 701), firent décorer et réparer l’abside et l’atrium du temple; ces mosaïques ont disparu avec l’ancien édifice. Les petites absides latérales de l’église Sainte-Constance, sur la voie Nomentane, ont donné lieu à de très intéressantes discussions ; les savants les attribuent au ive, au viie, au ixe et même au xme siècle; en jugeant d’après la pénible impression qu’elles nous ont produite, nous les laissons au vne ; l’une représente le Christ assis sur le globe et donnant une clef à l’apôtre Pierre ; dans l’autre, le Christ bénit, et les apôtres Thomas et Philippe s’inclinent vers lui; les deux sujets sont encadrés des palmiers de la Judée. Les mosaïques que nous venons de mentionner sont, à quelques figures près, d’une pauvreté de dessin et de composition qui
accuse la marche progressive de la décadence ; nous étudierons leur caractère avec celui des ouvrages des deux siècles suivants.
En dehors de P Italie, on trouve signalées dans les chroniqueurs les mosaïques que l’évêque Syagrius fit exécuter à Autun , et celles dont Didier, évêque d’Auxerre, décora l’abside de la cathédrale Saint- Etienne. En Orient, il y eut sans doute des travaux dans la première moitié du vne siècle, mais les historiens les ont passés sous silence; la belle mosaïque trouvée en 1860 par M. Renan, pendant sa mission de Phénicie, à Sour, sur l’emplacement de l’ancienne Tyr, prouve que les traditions de l’antiquité n’étaient pas encore complètement éteintes : l’ouvrage formait un pavement d’église de 14™, 32 de long, sur iom,42 de large ; le temple a été consacré en 653, mais la décoration peut être antérieure. « La mosaïque, dit M. Renan % mérite tous les soins par la beauté de son dessin, la merveilleuse richesse de ses couleurs, la délicatesse infinie de son plan et les charmants détails qu’elle renferme. Si l’exécution est restée parfois un peu au-dessous des intentions du dessinateur, on le regrette à peine, tant l’ensemble séduit et tant les sujets intéressent. Elle offre, comme l’église elle-même, trois travées. Celle du milieu, un peu plus courte que les deux autres, comprend l’inscription qui était placée au pied de l’autel, une rosace, et, faisant face à la porte, un riche enroulement de trente et un médaillons divisés et reliés entre eux par des rinceaux ornés de feuillages