Barbier de Montault. Annales archéologiques
Un chroniqueur 1 cite une mosaïque qui, vers la même époque, aurait été faite au monastère de Centula, aujourd’hui Saint-Riquier-en-Ponthieu (Picardie); elle représentait la Nativité, la Passion, la Résurrection et l’Ascension; le couvent était célèbre, Charlemagne s’y rendit plusieurs fois; il fut dévasté aux ixe et xe siècles et brûlé en 1 1 3 1 ; aucune trace n’est restée de sa décoration.
Nous pouvons placer ici, quoiqu’elle soit postérieure de quelques années, la mosaïque de l’église de Germigny-des-Prés (Loiret). Théodulphe, évêque d’Orléans, l’un des Missi dominici et le poète favori de Charlemagne, était, à la fin du vme siècle, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire ; il entreprit alors la construction d’une basilique à Germigny, située non loin de là. L’église fut consacrée en l’an 8o6; elle est classée aujourd’hui comme monument historique, tant pour son architecture qu’à cause de la mosaïque qui subsiste encore en partie dans la conque de l’abside. La décoration, plusieurs fois restaurée, représente l’arche d’alliance, sous la forme d’un coffre portatif; deux anges vêtus, ailés et nimbés d’or en disque, se tiennent sur le couvercle; deux autres anges, très grands, les ailes déployées et un bras étendu, semblent protéger l’arche d’alliance; leurs vêtements sont grisâtres comme leurs ailes, que rehaussent quelques traits d’or; au sommet de la voûte, la main symbolique sort d’un ciel étoilé; le fond de la voûte est bleu; dans la zone inférieure il est d’or; la frise du soubassement est bleue, elle porte une inscrip-