‹ La mosaïqueChapitre 53 sur 91 · Voir le dessin, page 1 S · texte numérisé non relu

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qu’elle est de nos jours, elle se présente avec toute Inélégance et la correction de dessin d’une œuvre de Raphaël,

CUPIDON, D’APRÈS RAPHAËL Par L. di Pace

(Église Sainte-Marie-du-Peuple, à Rome, xvie siècle).

D’après un estampage.

mais il faut bien reconnaître qu’au point de vue décoratif elle a un défaut capital; elle est hors d’échelle, les

figures sont trop petites, les têtes des divinités païennes ne mesurent que dix-neuf centimètres sur quinze; elles devraient avoir plus du double pour la hauteur où elles sont placées. Cette erreur de Raphaël est inexplicable, car il avait lui-même dessiné le plan de la chapelle ; il connaissait à merveille cette loi absolue, qui veut qu’une œuvre décorative soit en parfait rapport avec les dimensions du monument. Au point de vue technique, la mosaïque est irréprochable; Luigi di Pace l’a traitée de main de maître et a fait comprendre que ce n’est pas un tableau qu’il copiait, mais bien qu’il interprétait un modèle conçu à dessein. Les carnations sont à trois tons; les rehauts de blancs sont plaqués, le sertissage est noir, constant, mince et net; les lumières sont posées par à plat ou par traits d’or et de couleur nettement détachés; le fond est d’un bleu rendu transparent par un mélange de smaltes grisâtres. Le contrat passé entre la famille Chigi et le mosaïste a été conservé 1 ; il nous donne des renseignements curieux. Pendant les quatre années de la durée du travail, le maître a reçu du pain, du vin, de l’huile et du sel à discrétion, tant pour lui que pour son compagnon ; il était payé, en outre, à raison de deux ducats par mois, ce qui équivaudrait environ à cent francs de notre temps, mais il avait à sa charge le salaire de son aide; les Chigi fournirent à Luigi les matériaux et, de plus, un habillement neuf tous les ans; à la fin des travaux, ils eurent à lui donner en toute propriété une maison de la valeur de deux cents ducats d’or.

i. Archivio délia Società romana di stora patria, t. III.

LE SEIZIÈME ET LE DIX-SEPTIÈME SIECLE. i83

La voûte souterraine de Santa-Croce-in-Gerusalem est revêtue d’une éclatante mosaïque, attribuée à Baldassare Peruzzi (1481-1537); au centre, se trouve le Christ en buste; au-dessus, des anges jouant du triangle, de la guitare, de la flûte et des cymbales; aux extrémités, des évangélistes en médaillons et, entre les évangélistes, quatre tableaux, avec des sujets relatifs à l’Invention de la Croix. La mosaïque manque de simplicité; elle est brillante de couleur, mais chargée d’ornements et d’attributs d’une trop grande richesse.

Dans l’abbaye des Trois-Fontaines, hors de la porte Saint-Paul, l’église Sainte-Marie-Scala-Cœli , possède une abside en mosaïque, par Francesco Zucchio, d’après Jean deVecchi (1 536-1614); la Vierge, dans une attitude qui rappelle la Madone de Foligno, tient l’Enfant; elle est entourée de Clément VIII, d’Anastase martyr, des saints Bernard, Zénon et Vincent et du cardinal Aldobrandini; c’est une œuvre de décadence.

En face de l’admirable abside de Sainte-Pudentienne, une mosaïque qui représente l’éponyme et sa sœur Praxède, recueillant le sang des martyrs, fait apprécier la chute de l’art décoratif.

Les travaux de décoration en mosaïque commencèrent à Saint-Pierre, dans la seconde partie du xvie siècle, sous la direction de Muziano de Brescia; pour ne pas rompre un ensemble, nous en parlerons dans le chapitre suivant, plus spécialement consacré à la nouvelle basilique vaticane.

Par Marcello Provenzale de Cento (Église de Saint-Cesarée, à Rome, xvne siècle.)

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