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SAINT JEAN L’ÉVANGÉLISTE

D’après Jean de Vecchi

(Basilique de Saint-Pierre, xvne siècle).

du Vatican, qui comprend tous les travaux de la basilique; c’est de cette institution que relèvent les San- Pietrini, sorte de corporation d'ouvriers chargés, depuis

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plusieurs siècles, de l’entretien qu’exige un si vaste monument.

Indépendamment de la fabrique du Vatican, il y avait à Rome une institution, la Chambre apostolique, qui, sous la direction du cardinal camerlingue, était chargée de la conservation des anciens monuments; plusieurs restaurations de vieilles mosaïques furent opérées par la Chambre apostolique, soit avec les artistes de la fabrique pontificale, soit au moyen des ateliers particuliers, dont quelques-uns subsistaient encore sous Grégoire XVI.

Sous le pontificat d’Urbain VIII, de 1623 à 1644, une véritable révolution s’accomplit dans notre art. Le pape eut la pensée de faire reproduire en mosaïque les tableaux à l’huile et les fresques qui décoraient la basilique; l’idée 11’était pas absolument nouvelle; nous l’avons rencontrée dans l’antiquité païenne, mais, depuis cette époque, on avait laissé à la mosaïque son caractère propre, sans songer à en faire purement un art d’imitation. Urbain VIII était sans doute animé d’une excellente intention; il voulut rendre impérissables les compositions des grands maîtres en les incrustant dans le mur, mais outre qu’il fit sortir la mosaïque de son rôle décoratif, le résultat qu’il cherchait ne fut atteint que très imparfaitement. En effet, dans cette grande entreprise, commencée sous Urbain VIII et restée inachevée, car il y a encore dans Saint-Pierre une fresque et un tableau sur ardoise, nous aurons à signaler des mosaïques médiocres et des tableaux mal reproduits. Les architectes exigèrent que les mosaïques placées en des endroits semblables eussent les mêmes dimensions dé-

Terminées par les besoins de la décoration, quelles que fussent celles de la peinture originale; ainsi la Transfiguration de Raphaël, qui se voit contre le premier pilier de gauche de la grande coupole, a été mise à la meme dimension que la Communion de saint Jérome, du Dominiquin, placée à droite, dans l’endroit correspondant; mais, l’emplacement fixé étant beaucoup plus grand que le tableau, on fut obligé de faire faire au quadruple, on ne peut dire une copie, mais une sorte d’interprétation de la Transfiguration, et c’est sur cette peinture que la mosaïque fut exécutée. Qu’on joigne à ce premier obstacle la difficulté de trouver un mosaïste capable de faire assez abstraction de son tempérament personnel pour adopter complètement celui du maître; qu’on y ajoute l’embarras de se procùrer des émaux donnant identiquement les effets de la fresque ou de la peinture à l’huile, et l’on comprendra que, sauf de rares exceptions, les tableaux en mosaïque de Saint-Pierre ne sont pas des reproductions, mais bien des interprétations plus ou moins heureuses des oeuvres originales. Nous avons étudié ces ouvrages; souvent, dans la même heure, nous nous sommes transporté de Saint-Pierre à Sainte-Marie-des- Anges, aux Capucins, au musée du Vatican, où se trouvent les peintures originales, pour les comparer avec les mosaïques; l’écart est tel, que, sauf pour les Funérailles de sainte Pétronille, du Guerchin, par Pierre-Paul Cristofari, nous avons toujours éprouvé le regret que les mosaïques des autels n’aient pas toutes été exécutées sur des modèles conçus à dessein, comme c’est le cas pour le Saint Thomas, du baron Camuccini, la Messe de saint Basile, de Subleyras,et les Baptêmes du Christ, des

Gardiens de la prison Mamertine, et du Centurton Cornélius, par C. Maratti, Passeri et Procaccini.

La basilique actuelle de Saint-Pierre a été consacrée le 18 novembre 1626; la première pierre avait été posée, en i5o6, parle pape Jules II ; on sait que les plans furent plusieurs fois changés, nous n’avons pas à taire l’histoire de l’architecture; il nous suffira de citer les noms des architectes pour témoigner de l’extrême importance que les papes attachèrent à ce monument, qui devait être le plus superbe de la chrétienté. Bramante, Raphaël, Michel-Ange, Fra Giocondo, J. et A. Sangallo, Perruzi, Vignole, délia Porta, Fontana, le Bernin, Borromini, Maderna ont apporté à l’œuvre le contingent de leur génie ou simplement de leurs travaux. L’église est en forme de croix latine; un dôme immense, soutenu par quatre piliers isolés, couvre l’intersection des bras qui font les transepts; derrière les piliers, se trouvent quatre grandes chapelles à voûtes circulaires; chacun des deux bas côtés de la grande nef est formé par trois voûtes elliptiques qui précèdent les chapelles latérales; la partie supérieure de ces constructions est composée de la coupole, des pendentifs et des tympans. Les mosaïques sont placées en tableaux d’autels dans les chapelles, les transepts, les passages et contre les piliers; elles recouvent le dôme central, les coupoles des grandes chapelles et celles des bas côtés; les devants d’autels, paliotti, sont également en mosaïque, ornements et armoiries ; celui ( de l’autel de Saint-Basile est en tarsia, c’est-à-dire en! incrustation de marbre. Quelques morceaux isolés1 se J

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